Cornelia Hahn Oberlander (2016)

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« L’art du possible » : Cornelia Hahn Oberlander est la première récipiendaire de la Médaille du Gouverneur général en architecture de paysage

Ottawa – 26 avril 2016 – L’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) est fière d’annoncer aujourd’hui que Mme Cornelia Hahn Oberlander, O.C., MBCSLA, FAAPC, FASLA, a été choisie par le jury pour recevoir la première Médaille du Gouverneur général en architecture de paysage. Consultez le communiqué de presse...

À propos de la Médaille du Gouverneur général en architecture de paysage

La Médaille du Gouverneur général en architecture de paysage (MGGAP) est la plus haute distinction décernée à un architecte paysagiste membre de l’AAPC. Cette médaille est destinée à honorer les architectes paysagistes exceptionnels dont les réalisations et les contributions à la profession ont eu un impact remarquable et durable sur la société canadienne.

Portrait de Cornelia Hahn Oberlander, par Virginia Burt, OALA, FAAPC, fasla

Née Mülheim an der Ruhr (Allemagne), Cornelia Hahn Oberlander a immigré aux États-Unis lorsqu’elle était enfant, avec sa mère et ses sœurs. Intéressée par les paysages dès son jeune âge, elle a obtenu un baccalauréat ès arts du Collège Smith en 1944 puis, en 1947, un diplôme du programme d’architecture de paysage de l’École d’études supérieures de design de l’Université Harvard. Elle fut l’une des premières femmes architectes paysagistes. Étudiante à Harvard pendant le mandat de l’architecte Walter Gropius, et plus tard employée au studio de Dan Kiley à Charlotte (Vermont), elle embrassa les idées et les valeurs du modernisme qui encourageaient la collaboration entre les disciplines – concept qui devint la marque de commerce Oberlander.

Cornelia s’est intéressée au bien-être public tout au long de sa carrière. Au début des années 1950, elle travaillait en tant que planificatrice communautaire pour le Conseil des citoyens en aménagement urbain de la ville de Philadelphie et sur les projets de logements publics aux côtés des architectes Oskar Stonorov et Louis Kahn. En 1953, elle déménage à Vancouver (Colombie-Britannique) et poursuit son travail d’architecte paysagiste, notamment sur la conception du Monde des enfants de l’Expo 67 à Montréal. Cette commande de l’Expo 67 l’amène à participer à l’élaboration des lignes directrices nationales sur les aires de jeux et à la conception de plus de soixante-dix terrains de jeux partout au Canada.

Dans les années 1960, Cornelia fonde sa propre entreprise qui se fait rapidement connaître pour ses conceptions collaboratives, socialement responsables et écologiques. Dans le cadre de son processus de conception, Cornelia fait des recherches approfondies sur chaque site où elle travaille, et se sert des nouvelles technologies pour relever les défis du développement durable et des changements climatiques. Elle est profondément convaincue que les grands projets doivent intégrer le paysagement et l’architecture, ce qui s’est traduit par de nombreuses collaborations avec des architectes renommés, dont Arthur Erickson, Bing Thom, Moshe Safdie et Renzo Piano. C’est sa collaboration particulière de plus de 35 ans avec Arthur Erickson, l’architecte le plus célèbre du Canada, qui a donné lieu à de nombreux projets remarquables au Canada et aux États-Unis, notamment le complexe multifonctionnel de Robson Square à Vancouver qui abrite les bureaux du gouvernement provincial ainsi que le Palais de justice, le Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique, et la chancellerie du Canada à Washington D.C.

Cornelia pratique l’architecture de paysage depuis plus de 60 ans et elle a joué un rôle majeur dans l’évolution du modernisme au sein de l’architecture, de l’architecture de paysage et de la planification. Tout au long de sa carrière, Cornelia a défendu un type de design qui sous-tend la connaissance et le respect du contexte culturel et environnemental. Depuis des décennies, elle met de l’avant de nombreuses idées novatrices, notamment l’exposition à la nature et la création de lieux d’interaction sociale, qui constituent les fondements de sa philosophie conceptuelle. Ses confrères et consœurs respectent profondément sa maîtrise du processus de conception, de l’élaboration à la réalisation des projets. Pourtant, lorsqu’on la questionne sur son travail, elle le décrit humblement comme étant « une expérience en constante évolution… l’art du possible. » Depuis plus de 60 ans, la créatrice de cet « art du possible » est une pionnière influente en matière de construction de lieux et d’élaboration de politiques qui favorisent le maintien d’un lien intime avec le monde naturel.

Cornelia a été honorée par un grand nombre de distinctions prestigieuses. Intronisée à l’Ordre du Canada en 1990, la plus haute distinction civile du pays, elle en a été nommée Officière en 2009, pour ses réalisations exceptionnelles et son service à la nation. Elle est membre de l’Ordre des associés de l’Association des architectes paysagistes du Canada et de celle des États-Unis, ainsi que de la Fédération internationale des architectes paysagistes. En 2013, elle a reçu la Médaille de l’American Society of Landscape Architects, la plus haute distinction que cette association accorde à un architecte paysagiste dont les réalisations et les contributions à la profession ont eu une incidence unique et durable sur le bien-être de la population et sur l’environnement. En 2011, elle a par ailleurs reçu le Prix Sir Geoffrey Jellicoe de la Fédération internationale des architectes paysagistes. Ce prix récompense de son vivant un architecte paysagiste pour l’ensemble de ses réalisations et pour des contributions ayant eu un impact exceptionnel et durable sur le bien-être de la société, sur l’environnement et pour la promotion de la profession d’architecte paysagiste. Ces nombreux prix récompensent les réalisations de Cornelia Hahn Oberlander dans tout le Canada et ailleurs dans le monde.

Quelques réalisations de Cornelia Hahn Oberlander

Musée des Beaux-Arts du Canada, Ottawa (1986-1989), en collaboration avec l’architecte Moshe Safdie

L’aménagement paysager de ce musée national tire son inspiration de sa collection des œuvres du Groupe des Sept associées aux paysages de la taïga du Nord canadien. Un critique de l’époque avait souligné que c’était « autant une œuvre d’art que les œuvres du Musée qu’elle entoure » et que cet aménagement donnait aux visiteurs un aperçu de « l’âme du pays ».

Cour intérieure de l’immeuble du New York Times, New York, NY (2007), en collaboration avec les architectes Renzo Piano et la firme HM White

Cette cour intérieure, avec son utilisation astucieuse de bouleaux boréaux et de buttes plantées, est le centre d’intérêt du nouveau siège du New York Times. Réalisation dirigée par le cabinet d’architecture HM White en coordination avec l’architecte paysagiste Cornelia Hahn Oberlander, au sein de l’équipe de conception de Renzo Piano Building Workshop et de FX Fowle, cette cour est considérée comme le cœur et l’âme du bâtiment. Reposant sur le sol rocheux de schiste de Manhattan, sur la seule zone non excavée du bâtiment, la cour s’offre à la vue sur 360 degrés, depuis de très nombreux espaces publics et bureaux environnants qui la surplombent.

Jardin botanique VanDusen, Vancouver (depuis 2007)

En collaboration avec Busby Perkins + Wil Architects Cornelia Oberlander a élaboré le plan directeur des nouveaux jardins de démonstration et du centre d’accueil doté d’un toit vert. Les choix de conception pour le bâtiment et les jardins sont la quintessence en matière de gérance environnementale. Susan Herrington, dans son ouvrage, Cornelia Hahn Oberlander, Making the Modern Landscape, a écrit qu’« il n’y a aucune coupure entre les besoins écologiques et sociaux, entre la nécessité de la pensée pragmatique et l’expérience esthétique » dans l’œuvre de Cornelia. Dans ses créations, elle considère l’humanité et l’écologie intrinsèquement liées d’un lieu, sans jamais séparer l’utilisation pratique de la beauté expérientielle. Achevé en 2011, le Jardin botanique est certifié selon le Living Building Challenge, la norme de performance environnementale la plus rigoureuse dans l’environnement bâti. Les environs de ces installations phares qui disposent également de toits verts, présentent des jardins pluviaux, des forêts et des prairies, chaque zone soigneusement conçue et plantée d’espèces indigènes florissantes lorsque le botaniste du capitaine George Vancouver a commencé à cataloguer la diversité de la région en 1792.

Entrevues enligne

livres publiés au sujet de CORNELIA HAHN OBERLANDER

  • Herrington, Susan. Cornelia Hahn Oberlander: Making the Modern Landscape. University of Virginia Press, 2014. 
  • Stinson, Kathy. Love Every Leaf, The Life of Cornelia Hahn Oberlander. Tundra Books. Toronto, Canada. 2008.   

livres écrits par CORNELIA HAHN OBERLANDER

  • Oberlander, Cornelia H., Elisabeth Whitelaw and Matsuzaki, Eva. Green Roofs – A Design Guide & Review of the Relevant Technologies.  Public Works and Government Services Canada.  2002. 
  • Oberlander, Cornelia H., and Nadel, Ira B.  Trees in the City.  Pergamon Press.  New York, 1977.