IMPÉRATIFS CLIMATIQUES

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CLIMATS|ADAPTATIONS|PAYSAGES
Les architectes paysagistes, chefs de file dans la conception et la planification tenant compte des impératifs climatiques

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L’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) (www.csla-aapc.ca) est la voix de la profession au Canada et le porte-parole de ses membres sur des questions comme le renouvellement urbain, le développement durable et le patrimoine culturel. Les architectes paysagistes préconisent le recours à la collaboration et à une approche multidisciplinaire pour créer des environnements humains intéressants et agréables, et préserver les écosystèmes naturels ainsi que certains endroits spéciaux. Alliant l’art à la science, ils contribuent par leur savoir-faire et leur créativité aux processus de développement et de planification, de manière à répondre aux besoins de la société, à favoriser le respect du paysage et des avantages qu’il présente, et à minimiser les impacts sur les écosystèmes naturels. 

Le changement faisant partie intégrante de leur travail, les architectes paysagistes font naturellement figure d’autorités en matière de planification et d’adaptation aux impératifs climatiques.   

L’AAPC est résolue à aider ses membres et d’autres professions, ainsi que les divers paliers de gouvernement, les entreprises et les collectivités du Canada à mieux comprendre les facteurs ayant contribué au changement climatique mondial, à tout mettre en œuvre pour atténuer ceux qui menacent d’accélérer la détérioration du climat à l’échelle mondiale et à proposer des instruments et des moyens de se préparer et de s’adapter aux changements environnementaux.

Le présent exposé de principe a pour but de rallier l’AAPC, ses associations constituantes et les professions connexes derrière ces mêmes messages à propos du changement climatique :

Changement climatique – La préparation au changement climatique et à des conditions climatiques de plus en plus difficiles passe par une planification, une conception et une gestion innovatrices partant du principe que des écosystèmes sains offrent les conditions fondamentales au maintien de la vie sur terre.

Intendance – L’intendance du précieux environnement canadien sous-tend une saine gestion, une planification, une conception et une construction dans le paysage bâti et le paysage naturel, et doit comporter des objectifs réalisables quant à la réduction des émissions de GES, la conservation, la régénération et la restauration des écosystèmes naturels.

Conception innovatrice – En raison des conditions changeantes du milieu, il faudra recourir à de nouvelles connaissances scientifiques et faire preuve d’ingéniosité dans la planification et la conception pour mettre la société humaine et le milieu naturel à l’abri des conséquences évitables, de même que pour adapter les infrastructures aux conditions changeantes et pour préparer efficacement les collectivités aux catastrophes. 

Infrastructure écologique – Les réseaux d’infrastructure écologique contribuent notamment à la santé des écosystèmes et à maintenir des milieux urbains plus propres, plus frais, plus sains et plus vivables.

Gestion et conception concertées – Tous les ordres de gouvernements au Canada et tous les secteurs d’activités devraient privilégier des stratégies de planification, de conception et de développement durables pour tous les types d’entreprises ou d’agglomérations, grandes et petites, en milieu urbain ou rural, régionales, éloignées ou côtières.

Mobilisation communautaire – Afin de sensibiliser la population aux avantages de ces messages, les architectes paysagistes prôneront la collaboration et le recours à des processus décisionnels transparents qui favorisent la participation active et la consultation de la collectivité en général et de certains de ses membres en particulier.

Le changement climatique mondial

Le climat change à l’échelle de la planète et il est clair que l’homme n’est pas étranger à ces changements. Dans ses derniers rapports (2013 et 2014), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) fait état d’un réchauffement de l’atmosphère et des océans, d’une diminution des quantités de neige et de glace, d’une élévation des niveaux des océans et d’une augmentation des concentrations de gaz à effet de serre depuis les années 1950. Au sein de la communauté scientifique, l’existence du changement climatique ne fait aucun doute, la seule difficulté étant de prédire avec exactitude l’acuité et l’imminence de ce changement et les endroits qui seront les premiers et les plus gravement touchés. 

Créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), le GIEC est incontestablement l’organisme international le plus influent s’intéressant à l’évolution du climat. Réunissant 195 nations et des milliers de spécialistes du monde entier, ses avis représentent l’état actuel des connaissances sur le changement climatique et ses impacts potentiels sur le plan socioéconomique et environnemental. Les groupes de travail du GIEC épluchent les plus récentes données scientifiques, techniques et socioéconomiques permettant de mieux comprendre le changement climatique. Des scientifiques canadiens en font partie et confirment les constatations et conclusions du GIEC. 

GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL SUR L’ÉVOLUTION DU CLIMAT (GIEC)
EXTRAITS DU RAPPORT DU GROUPE DE TRAVAIL II : CHANGEMENTS CLIMATIQUES 2014, RÉSUMÉ À L’INTENTION DES DÉCIDEURS

  • « Au cours des dernières décennies, les changements dans le climat ont eu des impacts sur les systèmes naturels et humains sur tous les continents et dans tous les océans. »
  • « Dans bien des régions, l’évolution des précipitations ou la fonte des neiges et des glaces modifient les systèmes hydrologiques, affectant la quantité et la qualité des ressources en eau. »
  • « Beaucoup d’espèces terrestres, marines et d’eau douce ont modifié leurs aires de distribution, leurs activités saisonnières, leurs schémas de migration, et l’abondance et les interactions entre espèces ont été perturbées à cause du changement climatique. »
  • « Selon de nombreuses études portant sur une vaste gamme de régions et de récoltes, plus d’impacts négatifs que positifs ont été observés sur les rendements agricoles. »
  • « Les impacts des récents phénomènes climatiques extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses, inondations, cyclones, incendies, etc.) révèlent la vulnérabilité et l’exposition de certains écosystèmes et de nombreux systèmes humains à la variabilité climatique actuelle. »
  • « Les risques liés au climat constituent un facteur qui aggrave le plus souvent d’autres facteurs de stress, en particulier pour les personnes vivant dans la pauvreté, avec des résultats souvent négatifs quant aux moyens de subsistance. »

Le facteur humain dans le changement climatique

Les concentrations croissantes de gaz à effet de serre, notamment le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l’oxyde nitreux (N2O), présentes dans l’atmosphère ont créé un effet de réchauffement en emprisonnant la chaleur près de la surface de la Terre, augmentant ainsi la température de l’air et de l’eau de la planète. Il a été démontré que les émissions de gaz à effet de serre (GES) découlant d’activités comme le chauffage, le transport et la production d’énergie contribuaient fortement au changement climatique. D’autres activités humaines, notamment la déforestation et l’agriculture, augmentent également la quantité de carbone dans l’atmosphère.

Des processus d’élimination naturels (ou puits de carbone), telles la captation du carbone par la photosynthèse ou l’absorption par les systèmes océaniques, retirent le carbone de l’atmosphère. Toutefois, les émissions de gaz à effet de serre sur la planète ont augmenté de façon spectaculaire depuis les années 1900, et si l’on ajoute à cela l’évolution de la couverture terrestre, la pollution générale a dépassé la capacité des processus naturels à équilibrer les concentrations atmosphériques de GES. L’atmosphère contient aujourd’hui 42 % plus de dioxyde de carbone qu’au début de l’ère industrielle, et la concentration du méthane et du dioxyde de carbone est la plus élevée depuis un demi-million d’années! 

Malgré les avertissements des scientifiques sur les conséquences du réchauffement climatique, les émissions anthropiques de GES continuent d’augmenter.

Atténuation

L’atténuation fait référence aux efforts visant à limiter les transformations du climat planétaire par une réduction des émissions de GES, ainsi qu’à rehausser les capacités des systèmes naturels à capter le carbone. On veut diminuer le risque que les systèmes naturels et humains ne puissent plus gérer les concentrations présentes. Bien qu’il soit important que la société poursuive ses efforts afin de réduire la contribution humaine au réchauffement planétaire, les climats mondiaux sont d’ores et déjà en train de changer. Il est donc impératif de poursuivre nos efforts d’atténuation pour ralentir le processus et réduire l’intensité de ces changements. 

Adaptation

L’adaptation se rapporte aux ajustements effectués dans les systèmes naturels ou humains en réponse à des changements en cours ou prévus dans le climat et les conditions météorologiques. Les efforts d’adaptation peuvent consister à atténuer les menaces ou à exploiter les occasions favorables qui se présentent. Il peut s’agir d’une combinaison d’initiatives à court ou à plus long terme ayant des retombées positives sur le plan environnemental, social et économique. La plupart des processus de planification des mesures d’adaptation s’appuient sur une combinaison de politiques de prévention, de gestion ou d’évitement des risques posés par les changements environnementaux prévus. L’analyse des risques comprend une meilleure compréhension des vulnérabilités, en modifiant l’exposition au changement climatique et les impacts qui y sont associés. La gestion du risque implique une évaluation complète des coûts et avantages de chacune des options d’adaptation possibles, y compris celle de ne rien faire. 

Résilience

Dans le contexte des écosystèmes, la résilience a été définie comme étant à la fois la capacité à résister aux perturbations à petite échelle, le temps de surmonter les difficultés qui en résultent, et la mesure dans laquelle le système ou les espèces peuvent revenir aux conditions préexistantes. En ce qui concerne le changement climatique, le GIEC a défini la résilience comme « la capacité des systèmes sociaux, économiques et environnementaux à faire face à un événement, une tendance ou une perturbation grave, à réagir et à s’organiser de manière à maintenir leurs fonctions essentielles, leur identité et leur structure, tout en conservant la capacité d’adaptation, d’apprentissage et de transformation ». L’altération permanente d’un écosystème ou d’une société pour mieux gérer une perturbation ou une difficulté peut être vue soit comme un changement positif ou comme un changement négatif par rapport aux conditions préalables.

Rôle des architectes paysagistes

L’architecture de paysage a joué un rôle essentiel dans la protection de l’environnement au Canada et dans le développement des collectivités canadiennes. Il revient à la profession d’être un chef de file dans tous les aspects de la gestion, de la planification et de la conception visant à atténuer tout changement climatique, à protéger notre environnement naturel et à aider nos collectivités à s’adapter aux nouvelles conjonctures. Les architectes paysagistes s’efforcent de répondre aux besoins de la société humaine et de l’environnement naturel, en respectant les paysages culturels du passé et en planifiant la viabilité à long terme.

Compte tenu du fait que les efforts d’atténuation peuvent ralentir les changements climatiques imminents et en diminuer l’intensité, sans toutefois les empêcher, l’AAPC, ses membres et ses associations constituantes appuient les principes suivants :
_L’AAPC fera figure d’autorité en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, à la fois au sein de la profession et des collectivités que nous cherchons à servir.
_L’AAPC aidera à la collecte et à l’échange d’information entre la communauté scientifique et les architectes paysagistes pour assurer l’accès aux meilleures données disponibles sur l’état actuel du changement climatique et ses impacts imminents, et sur les difficultés auxquelles sera exposé l’environnement humain et naturel.
_L’AAPC encouragera ses membres à intégrer des solutions d’atténuation ou d’adaptation au changement climatique dans leurs projets d’aménagement et dans leurs recommandations de planification à court et à long terme, de manière à :

  • minimiser les risques associés aux événements extrêmes et aux changements environnementaux;
  • réduire les possibilités d’effets nocifs sur la santé et la sécurité des humains;
  • préserver les espèces, les habitats et les écosystèmes;
  • protéger les paysages culturels;
  • améliorer la résilience des systèmes naturels et des collectivités humaines.

_Conformément à ces principes, l’AAPC lancera une action concertée avec d’autres professions s’intéressant au domaine de la planification et de la conception au Canada en vue :

  • d’acquérir et de diffuser les dernières connaissances scientifiques sur les changements environnementaux;
  • de réunir, d’obtenir et de diffuser de l’information sur les pratiques exemplaires;
  • d’intégrer le changement climatique dans les programmes d’éducation sur la planification et la conception;
  • de promouvoir auprès du gouvernement les modifications nécessaires aux politiques, règlements et normes de conception et d’aménagement.

Informations complémentaires

Natural Resources Canada
http://www.nrcan.gc.ca/forests/climate-change/13083
From Impacts to Adaptation
https://www.nrcan.gc.ca/environment/impacts-adaptation/assessments/10031
Climate Change Adaptation Community of Practice (Canada)
https://www.ccadaptation.ca/en/landing

European Climate Change Adaptation Platform
http://climate-adapt.eea.europa.eu/
Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC)
http://www.ipcc.ch/
International Institute for Sustainable Development
http://www.iisd.org/adaptation/
United Nations Framework Convention on Climate Change
http://unfccc.int/2860.php

Exposé de principes compilés par d’autres organismes

Association of Professional Engineers and Geoscientists of British Columbia
https://www.apeg.bc.ca/getmedia/a39ff60e-80a1-4750-b6a5-9ddc1d75248a/APEGBC-Climate-Change-Position-Paper.pdf.aspx
American Association of Landscape Architects
http://www.asla.org/uploadedFiles/CMS/Government_Affairs/Public_Policies/climatechange.pdf
Canadian Institute of Planners:
http://www.cip-icu.ca/web/la/en/fi/8132737151324A9593674906F643A9A1/get_file.asp
Engineers Canada
http://www.engineerscanada.ca/climate-change
Ontario Association of Professional Engineers
http://c.ymcdn.com/sites/www.ospe.on.ca/resource/resmgr/doc_advocacy/2009_ps_11feb_enviro.pdf
Australian Institute of Landscape Architects  
http://www.aila.org.au/climate/

N’hésitez pas à communiquer avec l’AAPC ou notre porte-parole en matière de changement climatique

Portes-parole :
Colleen Mercer Clarke, M.Sc., M.L.A., Ph.D., FCSLA/APALA
mercerclarke@rogers.com

Michelle Legault,Directrice générale, AAPC
866-781-9799
executive-director@csla-aapc.ca