Plan directeur de l’Université de Guelph (1965) et sa mise en œuvre

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Le plan directeur de l’Université de Guelph et sa mise en œuvre (1965) reçoivent le Prix du projet patrimonial de l’AAPC

Ottawa – lundi le 28 août 2017 – Aujourd’hui, l’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) a annoncé que le plan directeur de l’Université de Guelph et sa mise en œuvre (1965) ont remporté le Prix du projet patrimonial de l’AAPC (2017).

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(Photos: par Owen Scott)


Le plan directeur et sa mise en oeuvre
Le cabinet

Le cabinet Project Planning Associates Limited (architectes paysagistes : Macklin Hancock, Walter Kehm, Owen Scott, Ken McFarland, Gary Heine, Garry Hilderman et John Consolati) ont élaboré et mis en œuvre le plan directeur de l'Université de Guelph.

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Contexte

Sur les huit nouvelles universités implantées au milieu des années 1960 en Ontario, l’Université de Guelph demeure une construction originale et importante, car les concepteurs ont accordé la primauté aux piétons selon la notion qu’une université devrait être un complexe urbain avec des rues, des espaces ouverts et des bâtiments imbriqués en une conception unifiée. Les rues piétonnes et les espaces ouverts constituaient la base de la conception à laquelle ont été reliés les bâtiments, les routes et les parcs de stationnement.

Les autres campus de cette période ont été conçus en plaçant les différents bâtiments dans des espaces ouverts. À l’époque, le modèle de conception le plus répandu consistait à édifier des pavillons dans des espaces gazonnés reliés par des boulevards périphériques et des terrains de stationnement. Le plan d’aménagement de l’Université de Guelph a défié cette notion en créant une place centrale entourée du centre universitaire, du pavillon des arts, de la bibliothèque et des pavillons des sciences physiques. Partant de cet espace central, des voies piétonnes rayonnent au nord, au sud, à l’est et à l’ouest, menant à des résidences d’étudiants et à d’autres bâtiments universitaires ainsi qu’à des terrains de sport. Les résidences d’étudiants sont à moins de 10 minutes à pied du cœur du campus pour en faciliter l’accès.

La conception de villes piétonnes conviviales est toujours un enjeu de l’aménagement urbain. Le plan de l’Université de Guelph a fait de cette question son principe d’aménagement fondamental. Beaucoup d’autres campus de cette époque étaient basés sur le modèle « construction de pavillons » et suivent maintenant le modèle de Guelph pour créer des espaces piétons conviviaux.

« Les architectes paysagistes ont joué et continuent de jouer un rôle central dans l’aménagement du campus, lequel s’est transformé depuis ses racines rurales dans les années 1870 pour devenir, avec une croissance considérable au milieu du 20e siècle, un complexe urbain moderne avec des rues, des espaces ouverts et des bâtiments reliés par les rues piétonnes. » – Owen Scott

 

La nouvelle université était un amalgame de trois collèges existants qui étaient situés autour du parc historique Johnson Green. Cet espace vert central a été conservé et a servi de base au plan d’espace ouvert du campus. Il a été complété par l’élaboration d’un plan de plantation qui a été intégré à chaque nouveau projet de construction et d’ingénierie du campus. Le paysage du campus a été conçu en se référant à l’orientation fournie par le plan directeur du campus de l’Université de Guelph et par la mise en œuvre de ce dernier.

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Fonctionnement du site

Le plan d’aménagement paysager tenait compte des quatre saisons. Les voies piétonnes demeurent les pôles d’activité, comme le seraient des rues normales en ville. Compte tenu des conditions hivernales difficiles, les allées sont protégées du vent par les microclimats créés par les masses du bâtiment. Un système de voies piétonnes intérieur au-dessus du niveau du sol permet de circuler de façon agréable. Il convient de signaler l’intégration de tunnels à vapeur sous les principales voies piétonnes. Cette conception, adoptée en premier par les architectes paysagistes, capte l’excès de chaleur émanant des tunnels, faisant ainsi fondre la neige sur les allées, ce qui réduit le besoin en sel ou autres produits chimiques.

Aux intersections des allées, des « places sociales » ont été créées afin de permettre aux étudiants de se reposer ou de se rencontrer entre les classes. Ces places continuent de servir de points de rencontre. Le centre du campus, Branion Plaza, qui se compose de cafés extérieurs, d’aires de repos, de stationnements vélo et du « Canon », est le lieu de rassemblement des étudiants, mais aussi celui d’expositions et d’événements spéciaux. Cet espace était prévu pour être un carrefour, car c’est l’intersection des grands axes est/ouest et nord/sud. Il a conservé son rôle et, avec l’ajout récent de bancs, il est devenu un lieu de plus en plus vivant tout au long de l’année.

Modification du projet par rapport au plan d’aménagement d’origine

La croissance continue de l’Université a entraîné l’ajout de très nombreux bâtiments, comme les nouveaux bâtiments des sciences physiques, des arts, du génie, des sciences vétérinaires, ainsi que les logements et les centres sportifs. Toutefois, ces bâtiments ont été édifiés conformément au plan directeur d’origine, en respectant les principes clés comme l’encadrement des espaces ouverts, le maintien des entrées avant sur les allées piétonnes, l’amélioration des bords de rues et l’ajout d’équipements piétonniers, notamment des aires de repos, des jardins, des supports à vélo et des plantations. Les nouveaux bâtiments ont également été conçus pour créer un sentiment d’accueil sur le campus, ce qui rehausse son identité et son emplacement. Le système d’allées piétonnes demeure un élément constant qui guide tous les changements.

Dès 1874, le campus s’est développé avec une forte composante paysagère. Ainsi les architectes paysagistes Miller & Yates de Philadelphie ont eu pour mandat de concevoir la façade du campus (Johnson Green) en 1882.

Le paysage d’origine du campus a été conçu comme un arboretum, et le plan directeur de 1965 a valorisé cet héritage en préservant des arbres de 83 ans et en ajoutant une riche sélection d’espèces indigènes et exotiques.

« Le développement du campus de l’Université de Guelph était, à l’époque, une entreprise d’une ampleur et d’une portée inégalées qui a suscité une réflexion avant-gardiste sans précédent : une entreprise qui allait transformer le campus agraire du Collège d’agriculture de l’Ontario, du Collège vétérinaire de l’Ontario et de l’Institut MacDonald en une communauté universitaire contemporaine, avec la création de l’Université de Guelph en 1964. L’idée était de démontrer le plus haut degré d’excellence en design en ce qui concerne le paysage et le bâti, en utilisant les techniques et les matériaux de construction les meilleurs et les plus contemporains, et en intégrant l’ancien campus informel et rural dans un style urbain moderne. » – Lise Burcher