Votre réponse au changement climatique

Le climat évolue – comment allez-vous réagir?

Neuf étapes pour vous aider à planifier et à concevoir dans le nouveau contexte climatique

par Jeffrey M. Frank, HTFC Planning and Design

(Image: HTFC Planning and Design)

À titre d’architecte paysagiste, VOUS avez la responsabilité de :

  • Réfléchir à l’empreinte carbone de vos projets et aux méthodes pour la réduire;
  • Étudier les conditions climatiques extrêmes et les prévisions climatiques de la région où se réalisent vos projets;
  • Analyser les effets possibles des conditions climatiques extrêmes actuelles et à venir sur vos projets; 
  • Informer vos clients sur les risques associés à ces changements;
  • Évaluer les risques associés en considérant soigneusement toutes les options/solutions de planification et de design;
  • Documenter avec votre client les conséquences, les coûts, les avantages, les risques et les incertitudes concernant le climat futur sur le projet, ainsi que les responsabilités partagées sur les décisions de planification et de design prises maintenant;
  • Trouver des solutions créatives et partager vos succès, défis et échecs avec vos collègues.

Pour que les urbanistes et les designers intègrent dans leur pratique l’adaptation, ils doivent connaître le climat futur et ses effets potentiels (directes, indirectes et induites) sur notre environnement, notamment la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. 

Cette page Web résume certains effets du changement climatique sur la pratique de l’architecture de paysage au Canada et sur les responsabilités éventuelles des architectes paysagistes relativement à ces changements.


Ce que vous devez savoir

1. Concevoir en tenant compte du climat

Le « climat » est indissociable des « paysages ». Un design adapté au climat est un élément fondamental pour les architectes paysagistes. 

2. Ce ne sera plus jamais pareil

Le climat à venir sera très différent de ce qu’il fut. La fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes continueront d’évoluer.

3. Le plan Halte au carbone!

Les projets planifiés et conçus aujourd’hui doivent intégrer des stratégies de mise en œuvre sobres en carbone et tenir compte de l’impact du climat à venir sur : 
• les programmes, fonctions et utilisations prévus; 
• le choix des matériaux; 
• les détails des installations; 
• les activités courantes et l’entretien

Notre compréhension de la portée et de la fréquence des phénomènes météorologiques violents et des changements climatiques devrait inciter les urbanistes et les designers à déployer tous les efforts possibles pour atténuer les émissions de GES liées à leurs projets, et soutenir les initiatives visant à protéger, améliorer et créer des environnements naturels qui permettent de séquestrer le carbone et de protéger les populations humaines. 

Pour en savoir plus sur la résilience faible en carbone: Low Carbon Resilience: Best Practices for for Professionals

4. L’Atlas climatique du Canada… une ressource inestimable! 

Le Comité sur l’adaptation climatique (CAC) de l’AAPC s’est associé à l’équipe de l’Atlas climatique du Canada du Centre climatique des Prairies (CCP) pour concevoir des ressources qui aideront les architectes paysagistes et d’autres professionnels à intégrer le concept de l’adaptation climatique dans leurs pratiques.  (https://climateatlas.ca/)

Restez à l’affût des nouvelles ressources.

L’Atlas climatique fournit des données sur plus de 2000 régions et 500 municipalités (https://atlasclimatique.ca/trouver-des-donnees-locales), ainsi que des rapports détaillés sur 17 grandes villes (https://atlasclimatique.ca/rapports-par-ville).

5. Tout (ou presque) est une question de variables climatiques

À l’avenir, chaque variable climatique sera affectée d’une façon ou d’une autre. L’Atlas climatique du Canada utilise divers modèles climatiques afin de prévoir la portée et l’ampleur des changements climatiques)(https://climateatlas.ca/)

L’Atlas évalue 23 variables climatiques. L’importance relative des variables diffère d’une région à l’autre et selon le domaine de pratique. Pour la plupart des architectes paysagistes qui pratiquent dans les villes canadiennes, les principales variables sont :

  • Plus de chaleur – Jours très chauds et nuits tropicales
  • Moins de froid – Cycles de gel/dégel et saison sans gel
  • Plus de pluies intenses – Jours de précipitation abondante

Dans certaines régions du Canada, les effets des changements climatiques sont déjà bien documentés, notamment : élévation du niveau de la mer et ondes de tempête; fonte du pergélisol; fonte des glaciers et insécurité hydrique; et risques d’incendie de forêt.

Les variables climatiques pertinentes pour les architectes paysagistes varient d’un bout à l’autre du pays. Cependant, l’Atlas climatique fournit des données sur plus de 2000 régions et 500 municipalités (https://atlasclimatique.ca/trouver-des-donnees-locales), ainsi que des rapports détaillés sur 17 grandes villes (https://atlasclimatique.ca/rapports-par-ville).
Cette carte renvoie aux données de l’Atlas climatique sur les « jours très chauds » de plus de +30° (RCP 8.5) pour 18 zones regroupant l’ensemble des onze régions climatiques du Canada. Vous pouvez comparer votre région aux autres régions. Cette variable particulière n’est qu’un des nombreux facteurs à prendre en compte.

6. Portée et ampleur des changements – Il n’y a plus de « normales »

L’Atlas climatique présente la moyenne des valeurs projetées provenant de 12 modèles climatiques mondiaux pour chacune des 23 variables climatiques. Les « graphiques temporels et fréquentiels » fournissent un aperçu plus complet de la portée et de l’ampleur des changements projetés. L’augmentation de la température moyenne prévue est parfois importante, mais la plage des projections est tout aussi importante (parfois plus), comme le montre l’écart entre les valeurs minimales et maximales projetées. 

On a dit sur le climat à venir qu’« il n’y aura plus de normales ». Cette idée est illustrée par l’exemple des jours à plus de 30 °C à Winnipeg.

Winnipeg – Jours très chauds (+30 °C) (RCP 8.5)

La normale historique comprend de 5 à 26 jours (90 % du temps) de plus de 30 °C. C’est la définition d’un été « normal ». Dans le passé, le nombre de journées chaudes en été se limitait à une période limitée. Aujourd’hui et dans l’avenir proche, l’idée d’une « normale » disparaît presque. Les conditions météorologiques varieront tellement que l’idée même de normale deviendra obsolète.  

Selon les 12 modèles climatiques retenus, l’été normal à Winnipeg comptait de 5 à 26 jours de 30 °C ou plus (1976-2005). Dans un avenir proche (2021-2050), la plage sera de 11 à 53 jours si les émissions de carbone continuent d’augmenter (RCP 8.5), et de 19 à 78 jours dans un avenir plus lointain (2051-2080, RCP 8.5). 

Un design climato-sensible devra tenir compte de plages météorologiques beaucoup plus larges par rapport au passé.  

7. Tenir compte d’une large gamme de conditions

La portée et l’ampleur des changements étant extrêmement variables, les plans et le design devront tenir compte d’une gamme beaucoup plus large de conditions environnementales et devront également tenir compte de la résilience et de l’adaptabilité. 

8. Compter sur les services écosystémiques 

On reconnaît de plus en plus que les services écosystémiques assurés par la nature contribuent à la réduction des émissions mondiales de GES et à la séquestration du carbone, et qu’ils atténuent les effets des intempéries et des changements climatiques. Les systèmes naturels apportent de grands avantages lorsqu’ils sont intégrés à l’environnement bâti. L’architecture de paysage crée, rehausse et protège les systèmes naturels, notamment :

  • Arbres et forêts en milieu urbain
  • Systèmes riverains, lacs, zones humides, zones littorales et sublittorales des environnements marins et d’eau douce
  • Espaces ouverts publics et privés
  • Pâturage
  • Toits verts à faible empreinte carbonique
  • Sites individuels et réseaux connectés
9. C’est une obligation professionnelle

Alors que les connaissances sur le changement climatique évoluent, les obligations professionnelles en matière de planification et de design évoluent également : 

« La norme de diligence raisonnable évolue alors que la société prend conscience des impacts potentiels du changement climatique. Il est raisonnable de s’attendre à ce qu’un professionnel évalue les impacts potentiels et les corrige dans le cadre de ses fonctions. »  (Ingénieurs Canada)
 

Pour vous assurer que vous respectez vos obligations professionnelles, restez à l’affût des dernières nouvelles et méthodes scientifiques. Informez-vous sur la page Web des ressources climatiques de l’AAPC.

 

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