2021 Présentation au Comité permanent des finances

Les thèmes dans le mémoire de l’AAPC au Comité permanent des finances de la Chambre des communes sont reflétés dans le discours du Trône

En août 2020, pour la quatrième année consécutive, l’AAPC a présenté un mémoire au Comité permanent des finances.

Lire les mémoires pré-budgétaires de l'AAPC :

(le texte intégral du mémoire se trouve ci-dessous)

Les recommandations de l’AAPC reconnaissent les situations d’urgence auxquelles nous sommes actuellement confrontés et appuient la reprise économique à la suite de la COVID-19, ainsi que l’adaptation aux changements climatiques et les cibles nettes de zéro. Ces mesures cruciales contribueront grandement à faire en sorte que le Canada maximise ses ressources en cette période difficile. 

Le 23 septembre 2020, Son Excellence la très honorable Julie Payette, gouverneure générale du Canada, a prononcé le discours du Trône pour ouvrir la deuxième session de la 43e législature et exposer le programme du gouvernement. Le discours présente l’orientation et les objectifs du gouvernement et décrit comment il s’y prendra pour les atteindre.

La profession d’architecture de paysage présente un intérêt particulier :

Cette pandémie a rappelé aux Canadiens l’importance de la nature. Le gouvernement collaborera avec les municipalités dans le cadre d’un nouvel engagement visant à agrandir les parcs urbains afin que tous aient accès à des espaces verts. Cela se fera tout en protégeant un quart des terres et un quart des océans du Canada dans cinq ans et en utilisant des solutions axées sur la nature pour lutter contre les changements climatiques, notamment en plantant deux milliards d’arbres.

(p. 24 de la version .pdf disponible ici)


Proposition prébudgétaire 2021 présentée au Comité permanent des finances de la Chambre des communes

La relance de l’économie canadienne alors qu’elle se remet de la pandémie de la COVID-19.

Soumis par Hope Parnham, présidente, APALA, AAPC, Association des architectes paysagistes du Canada Août 2020

L’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) demande au gouvernement fédéral de :

  1. accorder la priorité aux fonds de stimulation qui revitalisent et élargissent les espaces communs publics, à savoir ces espaces publics qui créent des collectivités en santé et offrant une qualité de vie notamment les parcs, les espaces verts, les voies vertes, les installations récréatives, les secteurs riverains, les rues réaménagées, les centres communautaires et plus.
  1. intégrer les actifs naturels aux dépenses d’infrastructure par la priorisation de projets pour lesquels des équipes collaboratives de professionnels (architectes paysagistes, planificateurs, ingénieurs, entre autres) tiennent compte de l’environnement naturel et de l’environnement bâti.
  1. investir dans la protection des forêts et des zones de grande valeur écologique, améliorer le couvert forestier urbain, planter des espèces végétales indigènes et soutenir le développement des zones urbaines, des jardins communautaires et des fermes de sorte à garantir un développement durable, des environnements sains, la sécurité alimentaire et la création d’emplois.
  1. investir dans le soutien du milieu de travail et des services professionnels, de l’éducation et de l’emploi pour les jeunes professionnels, de la formation pour le perfectionnement au lieu de travail dans les petites et moyennes entreprises afin d’assurer une relance soutenue de l’économie, de l’emploi et une main-d’œuvre plus résiliente.
  1. intégrer le soutien financier et les processus d’inclusion dans chaque collectivité afin d’assurer l’inclusion sociale dans la prise de décisions à l’échelle du pays de sorte que les gens des collectivités éloignées, des milieux urbains, des banlieues et des régions rurales du Canada puissent être impliqués dans les décisions concernant les besoins de leur collectivité pour favoriser une relance soutenue.
  2. appuyer les communautés autochtones et les gouvernements des Premières nations dans la restauration de l’habitat, la gestion des terres et des océans ainsi que la gouvernance relative au carbone grâce à un investissement continu dans les programmes actuels et la création d’une économie de conservation.
Introduction

L’AAPC tient à remercier le Comité de nous avoir donné cette occasion de discuter de la façon dont nous pouvons collaborer en vue de relancer l’économie canadienne dans le cadre de la pandémie de la COVID-19. La pandémie n’est pas terminée, mais nous vivons une période de transition qui nous mènera à une relance qui, selon l’AAPC, pourrait augmenter la résilience et la durabilité à long terme de nos collectivités, de notre pays et de notre planète.

À propos de l’AAPC et l’architecture du paysage.

L’AAPC a été fondée en 1934 et l’association représente plus de 2 800 architectes paysagistes de partout au Canada. À titre de représentante de la profession, l’AAPC est un ardent défenseur de ses membres sur des questions portant notamment sur la conception urbaine et le réaménagement, la planification des parcs et des espaces verts, les questions autochtones, les collectivités durables et socialement équitables ainsi que le changement climatique.

Les architectes paysagistes s’efforcent d’harmoniser les besoins de la société humaine à l’environnement naturel tout en respectant les paysages culturels du passé par une planification durable pour les générations futures. Les architectes paysagistes jouent un rôle intégral dans les processus de planification, de conception et de gestion des espaces extérieurs de toutes tailles à partir des petites cours urbaines jusqu’aux parcs nationaux. Nous visons à atténuer la contribution des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, à promouvoir l’ingéniosité et la résilience des personnes et des organisations et à assurer la durabilité de notre environnement naturel.

Le travail des architectes paysagistes touche plusieurs aspects de l’économie canadienne et de sa croissance. À l’échelle nationale, la contribution estimée de l’architecture de paysage au PIB en 2014 était de plus de 1 milliard de dollars (chiffres actuellement mis à jour). Cette contribution a d’ailleurs augmenté de façon générale de plus de 10 % par année. L’activité économique de l’industrie de l’architecture de paysage apporte un effet multiplicateur à l’échelle nationale de 2,1; ce qui signifie que chaque dollar investi dans l’architecture de paysage génère l’équivalent de 2,10 $ en activité économique. Chaque million de dollars en dépenses de projet d’architecture de paysage crée 12,83 emplois à l’échelle nationale.

On compte plus de 850 cabinets d’architecture de paysage au Canada, dont la plupart sont des petites et moyennes entreprises. L’activité économique de la profession d’architecture de paysage ne fera qu’augmenter à mesure que nous progressons avec une conception visant à assurer la santé des collectivités. À l’instar de plusieurs autres organisations professionnelles, l’AAPC surveille de près les répercussions de la pandémie sur nos membres et elle continuera de le faire pendant la relance économique.

La pandémie nous a montré que le Canada peut exploiter ses ressources en cas d’urgence, déterminer des domaines durement touchés et réagir rapidement pour apporter du soutien. L’AAPC croit que la pandémie a également démontré que nous pouvons faire les choses différemment pour répondre à une autre urgence à plus long terme : le changement climatique et la nécessité de respecter les cibles d’émissions nettes nulles afin de bien adapter nos collectivités en vue de l’inévitable.

Justification des recommandations - Relance dans le cadre de la pandémie et collectivités offrant une qualité de vie

La COVID-19 a changé notre façon de vivre et de penser au sujet des espaces publics dans nos collectivités. Les comportements changent : on voit plus de gens en vélos, marcher et explorer d’autres modes de vie; plus de gens font du télétravail et cela se poursuivra; plusieurs d’entre nous remettent en question l’importance des voyages; plusieurs d’entre nous sont maintenant parfaitement conscients de l’importance des espaces publics sains, des entreprises locales, de l’accès et de l’appui des systèmes alimentaires locaux, du jardinage et plus. Plusieurs d’entre nous ont simplifié leur façon de vivre et accordent une priorité plus élevée à l’accès à des espaces verts.

Tel qu’indiqué dans les six recommandations ci-dessus, l’AAPC estime qu’une relance durable passe par une relance verte qui comprend des investissements dans l’infrastructure naturelle et les espaces publics, dans la nature et la biodiversité, dans la formation, le perfectionnement au lieu de travail et dans les petites et moyennes entreprises ainsi que dans les communautés autochtones. Ces investissements favoriseront la relance économique et permettront de créer des emplois dans le cadre de la pandémie et ils viendront rehausser la résilience pour créer un avenir plus sain et plus durable.

Selon un rapport récemment publié par le Forum économique mondial, les efforts de relance économique post-COVID-19 doivent aborder le changement climatique et la perte de la nature. Le programme de relance doit viser à « mieux reconstruire ». Le rapport souligne que les pratiques reliées à la nature et au développement durable pourraient créer plus de 395 millions d’emplois dans le monde en 2030 et plus de 10 billions de dollars en valeur commerciale annuelle au cours de la prochaine décennie.

Un sondage réalisé par Ipsos à la fin d’avril a d’ailleurs révélé que 84 % des Canadiens sont en faveur d’un plan de relance du gouvernement qui « priorise l’investissement dans les industries vertes durables ».

L’AAPC estime que bien que la COVID-19 dévoile de graves lacunes dans notre société, elle nous apporte aussi des pistes vers la relance économique qui nous aideront à atteindre un mode de vie plus sain, plus résilient, si nous en tenons compte.

Que nous réagissions à l’urgence à court terme de cette pandémie ou à l’urgence plus profonde et à plus long terme du changement climatique, de plus en plus d’études montrent qu’une relance post-COVID-19 menée par les gouvernements et l’atténuation du changement climatique ainsi que les mesures d’adaptation nécessitent des investissements en matière de pratiques durables. Ces pratiques comprennent la création d’espaces en santé, le réaménagement d’infrastructure publique et la mise en œuvre de solutions fondées sur les caractéristiques naturelles et axées sur la nature (par ex., les toits verts, des aires de stationnement vertes, des bassins de drainage naturel). Les résultats de la recherche et le financement de l’innovation dans ces domaines de technologies vertes et une mise en œuvre au site constituent des besoins pressants qui doivent être comblés par le biais du gouvernement fédéral.

Une lettre datée du 20 mai destinée au premier ministre, signée par plus de 40 membres et organismes sans but lucratif, y compris l’AAPC, affirme clairement l’importance de notre infrastructure naturelle dans les efforts de relance :

« Les projets d’infrastructure naturelle créent de bons emplois, appuient les chaînes d’approvisionnement locales et procurent un large éventail de bienfaits environnementaux, sociaux et sur la santé. Une infrastructure naturelle peut également réduire les coûts en capital et d’exploitation pour les municipalités et les communautés autochtones pour la fourniture de services essentiels. Un appui pour des solutions d’infrastructure naturelle dans le cadre d’un plan de relance verte post-COVID-19 contribuera à concrétiser l’ensemble de ces bienfaits ainsi qu’à répondre à des mandats précis à travers plusieurs ministères fédéraux, dont Infrastructure, Environnement et Changement climatique, Ressources naturelles, Agriculture et Agroalimentaire et Sécurité publique. Les arguments sont solides par rapport à la valeur de ces solutions qui favorisent l’avancement de la résilience climatique, de la réduction des risques de catastrophe, du rehaussement de la biodiversité ainsi que de la relance économique.

….Au-delà de la taille du secteur, les efforts d’infrastructure naturelle exigent la collaboration d’une diversité de partenaires dont les planificateurs municipaux, les architectes paysagistes, les ingénieurs, les biologistes, les agriculteurs, les organisations non gouvernementales et les universités (pour n’en nommer que quelques-uns). Cette diversité de partenaires reflète aussi la diversité des possibilités d’emploi à partir de la conception, la gestion de projet, jusqu’à la construction au site en passant par l’horticulture et l’entretien à long terme, l’évaluation et la surveillance. »

Plusieurs études et sources mentionnées dans cette lettre montrent que les avantages économiques et sociaux de l’intégration naturelle et des solutions fondées sur la nature l’emportent de loin sur celles fondées sur une approche plus traditionnelle et elles peuvent apporter un effet multiplicateur économique élevé. De plus, selon un rapport de 2020 émis par le Bureau d’assurance du Canada et la Fédération canadienne des municipalités, chaque dollar investi dans l’adaptation au changement climatique offre un rendement potentiel de 6 $en pertes futures évitées.

Les architectes paysagistes sont bien préparés pour une participation à une relance verte

Les architectes paysagistes sont les défenseurs d’une approche écosystémique à la politique, à la planification, à la conception et à la prise de décisions. Le gouvernement fédéral est le niveau de gouvernement le mieux pourvu pour fournir les ressources nécessaires au soutien de toutes les collectivités et les paliers de gouvernement pour la relance dans le cadre de la pandémie de la COVID-19 et la progression vers une économie faible en carbone.

Le talent et la compétence de nos professionnels d’architecture de paysage sont bien visibles dans l’environnement public dans le cadre de projets marquants de chaque grande ville, province et territoire du pays. Pour n’en citer que quelques-uns, on n’a qu’à penser aux initiatives primées comme la revitalisation de la collectivité de Port Lands sur le secteur riverain de Toronto et la modernisation de la rivière Forks et du canal d’évacuation de Winnipeg. Ces investissements de plusieurs millions de dollars ont été réalisés au cours de la dernière décennie avec des apports de fonds du gouvernement fédéral. Ces projets impliquaient le leadership novateur des architectes paysagistes et des urbanistes qui sont engagés envers la rénovation urbaine, la restauration écologique urbaine ainsi que l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Nous avons récemment vu plusieurs projets primés reconnaissant le travail des architectes paysagistes au sein de la collaboration des équipes de travail pour la Rain City Strategy de la ville de Vancouver, une initiative portant sur l’infrastructure verte de l’eau de pluie et la gestion de l’eau de pluie. De plus, The Meadoway à Scarborough transforme un corridor hydroélectrique de 16 kilomètres en l’un des plus grands espaces verts urbains linéaires au Canada où des espaces de loisirs, des sentiers de randonnée pédestre et de vélos, des jardins communautaires et des espèces végétales indigènes prendront la place des espaces vides d’herbe monoculturelle. Ce ne sont là que quelques-uns des projets d’architecture de paysage de haute qualité qui répondront aux besoins sociaux, de santé communautaire et de résilience tout en créant de l’emploi et en contribuant à la lutte contre le changement climatique.

De nombreux autres projets sont nécessaires dans les phases de transition et de relance économique dans le cadre de la COVID-19. Ce sont là des développements qui engagent les communautés dans la prise de décision, le respect du leadership culturel et autochtone sur leurs terres ancestrales et engendrent un engagement en faveur d’espaces en santé, utiles, agréables, prêts pour le changement climatique. Le document AAPC Communautés vivables  dont on fait référence ici présente de nombreux autres exemples y compris des fermes urbaines sur toit qui fournissent les populations locales en produits cultivés localement; des murs végétalisés intérieurs et extérieurs; des parcs; la plantation d’espèces indigènes dans les zones urbaines et des forêts; le réaménagement des côtes; la gestion des eaux pluviales, des sentiers et des rues qui favorisent la mobilité et l’espacement verts. Une relance verte sera tributaire de la remise en question de plusieurs pratiques actuelles pour assurer une construction et une planification judicieuses en vue d’améliorer les espaces publics et privés, le renouvellement urbain et la priorité mise sur la santé.

En conclusion, l’AAPC considère que ces recommandations viennent confirmer les situations d’urgence auxquelles nous sommes confrontées et également appuyer la relance économique dans le cadre de la COVID-19 ainsi que l’adaptation au changement climatique et les cibles d’émissions nettes nulles. Ces actions primordiales contribueront grandement à la maximalisation des ressources du Canada en ces temps difficiles.

Références

Ensuring a Post-COVID Economic Agenda Tackles Global Biodiversity Loss

AAPC | CSLA 12 crois. Forillon, Ottawa (ON) K2M 2W5