Parc Jean-Drapeau


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Vue aérienne de l’Expo 67

« En trente-huit ans d’expérience dans la planification de parcs, je n’ai jamais eu le plaisir de concevoir et de superviser un projet aussi satisfaisant pour l’âme que celui de l’île Sainte-Hélène » - Frederick Todd (Image : Archives de la Ville de Montréal P67-Y_2)

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Faits en bref

 

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Nom
Parc Jean-Drapeau

Type d’aménagement 
Paysage culturel composé d'un parc naturel et urbain

Emplacement
Deux îles du fleuve Saint-Laurent, près du Vieux-Montréal : l'île Sainte-Hélène et l'île Notre-Dame (créée dans les années 1960 pour l'Expo 67)
GPS 45° 30' 45.76" N, 73° 32' 1.90" W

Administrateur
Société du parc Jean-Drapeau

Legs
Urbanisme et aménagement urbain;
Loisirs/Santé et bien-être; 
Culture et patrimoine

Introduction

(Image: Archives de la Ville de Montréal)

Les paysages insulaires du parc Jean Drapeau captivent les visiteurs de la ville historique de Montréal depuis sa fondation comme colonie française. Au début du XVIIe siècle, Champlain nomma cette île magnifique « Sainte-Hélène » en l’honneur de sa jeune épouse. Pendant deux siècles et demi, l’île du fleuve Saint-Laurent située près du vieux Montréal sera une baronnie française, puis un fort britannique. 

En 1874, la Ville décide d’en faire le premier parc public de Montréal et organise, dans le cadre de la Saint-Jean-Baptiste, une vaste fête populaire qui accueillit 6000 citoyens, 600 chanteurs et 25 orchestres. 

Au cours du siècle suivant, l’île Sainte-Hélène conquit le cœur des Montréalais, dont le concepteur du parc, Frederick Todd, un architecte paysagiste de renom. Pendant les années difficiles de la dépression, Todd employa des milliers de chômeurs pour mettre en œuvre son projet de parc pittoresque « aux portes de la ville ». 

Todd avait envisagé d’agrandir le parc, une idée qui séduira la Ville alors qu’elle se préparait à accueillir l’Exposition universelle de 1967. Édouard Fiset, l’architecte en chef d’Expo 67, proposa d’agrandir l’île Sainte-Hélène et de créer une nouvelle île, l’île Notre-Dame. Pendant des décennies, ces îles en devenir joueront un rôle de premier plan dans la croissance de Montréal en qualité de ville internationale. 

Des centaines de concepteurs furent invités à concevoir le magnifique site d’Expo 67 : ses pavillons et ses espaces publics visionnaires, son monorail et son métro ultramoderne, et ses aménagements qui alliaient l’innovation conceptuelle aux prouesses techniques.  

(Image: Archives de la Ville de Montréal)
(Image: Ministère du Travail de la Province du Québec. 1939)
(Image: BAnQ Vieux Montréal : Fonds Henri Rémillard.)

Expo 67 fut un triomphe sur la scène mondiale, et les années glorieuses se sont poursuivies avec l’île Notre-Dame à l’avant-plan. Montréal a accueilli les Jeux olympiques en 1976, construit le circuit Gilles-Villeneuve en 1978 et lancé les Floralies internationales de Montréal en 1980. Dans les années 1990, des projets d’aménagement paysager à la fine pointe ont amélioré la vitalité et la durabilité des paysages. 

Aujourd’hui, la valeur de ces parcs naturels et anthropiques est gravée dans la mémoire des citoyens. Montréal continue de financer des projets qui rehaussent la valeur de ces paysages pour les générations de Québécois à venir.

En savoir plus sur Parc Jean-Drapeau

« Un concepteur à son apogée… » Pourquoi Frederick Todd appréciait-il l’île Sainte-Hélène

(Image: Archives de la Ville de Montréal)

L’architecte paysagiste Nancy Pollock-Ellwand, historienne, raconte l’œuvre de Frederick Todd sur l’île Sainte-Hélène; 

« Le récit de l’île Sainte-Hélène témoigne d’un concepteur à son apogée, qui a aménagé un paysage naturel et culturel fort complexe d’un secteur urbain stratégique » 

« Un regain d’intérêt s’est manifesté dans les années 1930, alors que la Ville planifiait un nouveau lien sur le fleuve Saint-Laurent, le pont Jacques-Cartier, qui surplombait le site. Todd prévoyait créer une plage, restaurer les bâtiments remontant à l’époque de Champlain et construire de nouveaux bâtiments, dont une tour d’observation, des bains publics et un pavillon sportif. Le parc de l’île Sainte-Hélène était un projet ambitieux qui a triplé sa superficie grâce à l’enfouissement des débris de construction du nouveau pont ». 

Pour Todd, le parc était « la porte d’entrée de la ville – un portail qui souhaitait la bienvenue aux navigateurs du majestueux fleuve Saint-Laurent et aux routiers qui empruntaient le magnifique pont Jacques-Cartier ». 

« Le projet était également porteur d’un grand objectif social qui a employé des milliers de chômeurs pendant la dépression. Une fois achevé, le parc allait offrir aux Montréalais un espace récréatif dont ils avaient grandement besoin ». 

« Pour Todd, empreint d’un esprit social, ce projet lui a procuré une grande satisfaction ». Il a déclaré : « En trente-huit ans d’expérience dans la planification de parcs, je n’ai jamais eu le plaisir de concevoir et de superviser un projet aussi satisfaisant pour l’âme que celui de l’île Sainte-Hélène ». 

Source : The prolific interpreter of the Olmsted vision: Frederick G. Todd, Canada’s first landscape architect. Nancy Pollock-Ellwand. Planning Perspectives, 2019, vol. 34, numéro 2, 191-214. Le texte comprend une photo du plan de Todd. 

Sources d’inspiration : Le rôle d’honneur d’Expo 67

(Image:  Archives de la Ville de Montréal)

La décennie la plus marquante du parc insulaire remonte au début des années 1960, alors que la ville s’apprêtait à accueillir quelque 50 millions de visiteurs pour l’Exposition universelle de 1967, Terre des Hommes. À l’approche de l’Expo 67, Montréal s’est animé d’une énergie créatrice empreinte d’une grande expertise technique. Architectes paysagistes, architectes, ingénieurs et urbanistes de tous horizons se sont mobilisés en vue de transformer l’image de la ville sur la scène internationale. 

Dix ans auparavant, le directeur des parcs de Montréal, Claude Robillard, avait retenu les services de McFadzean, Everly & Associates pour améliorer l’offre de l’île Sainte-Hélène. Le parc propose désormais de nouveaux aménagements fonctionnels, des gradins et des abris pour piqueniquer, un théâtre et des expositions culturelles dans le musée militaire. 

Le plan directeur d’Expo 67, sous l’autorité de la Compagnie canadienne de l’Exposition universelle de 1967, était aussi audacieux que complexe sur le plan technique. Pour accueillir l’exposition de six mois, l’architecte et urbaniste Édouard Fiset a relancé une idée de Frederick Todd, le concepteur du parc, agrandir l’île Sainte-Hélène. De plus, il proposait de créer une nouvelle terre insulaire, l’île Notre-Dame.  

L’environnement moderniste de l’Expo comprenait 90 pavillons de 62 nations, regroupés autour d’espaces publics et de parcs ornés d’ouvres d’art, et reliés par un réseau de transport futuriste, dont un monorail et un métro. Le dôme géodésique de Buckminster Fuller (aujourd’hui la Biosphère) et Habitat 67 de Moshe Safdie (aujourd’hui des condominiums) existent toujours. 

L’Expo 67 a marqué la maturité de l’architecture paysagère dans la ville et, en fait, au pays.

  • Project Planning Associates Consortium a coordonné la construction des pavillons et des espaces publics;
  • Sasaki Strong & Associates–James Secord Consortium, architecture paysagère et aménagement de sites, a conçu le parc d’attractions de La Ronde;
  • Don Graham & Associates a conçu le lac et les promenades de la pointe sud de l’île Notre-Dame, un microcosme de différents paysages canadiens;
  • Harper–Lantzius Consortium a conçu la Cité du Havre;
  • Louis-Joseph Perron a conçu la Roseraie du pavillon d’Honneur, constitué à partir de 1000 rosiers offerts par le club Rotary.

Le maire Jean Drapeau, de concert avec les autres ordres de gouvernement, a assuré, pendant des décennies, un soutien politique, souvent controversé. En 1999, le parc a été rebaptisé parc Jean Drapeau. 

Le succès d’Expo 67 a influencé la conception des expositions ultérieures d’Osaka (1970) et de Vancouver (1976). Ici, l’Expo a inspiré d’ambitieux travaux d’aménagement paysager dans l’ensemble de la province et du pays, notamment le parc thématique riverain « Place Ontario » de Toronto, en 1971. L’Expo 67 a fait de Montréal un pôle cosmopolite et un foyer d’excellence en matière de conception. 

Île Notre-Dame : À chaque décennie son aménagement

(Image: Archives de la Ville de Montréal)

La période faste de l’Expo a marqué le début des transformations de l’île Notre-Dame. L’âge d’or s’est poursuivi pendant les Jeux olympiques de 1976, lorsque Lemay-Leclerc Architectes a créé le bassin olympique de 2 km de long, une installation qui motivera les athlètes pour les décennies à venir. En 1978, Roger Peart conçoit le circuit Gilles-Villeneuve de 4,7 km pour la Formule 1, qui épouse les berges de l’île et façonnant le site du Grand Prix annuel du Canada.  

Dans les années 1980, l’île devient le paradis des jardiniers. Quatre architectes paysagistes du Jardin botanique de Montréal (Alain Baillargeon, Gaëtan Bilodeau, Carlos Martinez et Jean Landry) aménagèrent des jardins le long des canaux de l’île pour Les Floralies internationales de Montréal (1980). Ce festival, dirigé par Pierre Bourque, était une première en Amérique du Nord. De nombreux jardins subsistent encore aujourd’hui. 

Dans les années 1990, l’expertise émergente en aménagement paysager durable a favorisé l’écologisation du parc. Le plan directeur novateur de Williams, Asselin et Ackaoui a été exécuté et coordonné par l’architecte et urbaniste Marc London. Il visait la naturalisation des berges, un système novateur de filtration naturelle de l’eau et la création d’une plage dans le parc. 

 


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La Collection des paysages culturels patrimoniaux met en lumière les réalisations qui ont eu un impact durable dans le domaine de l'architecture de paysage et sur les communautés à travers le Canada.

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