ENJEU CLIMATIQUE: Inondation riveraine, tempêtes plus fréquentes et plus intenses, dégradation écologique | SECTEUR: architecture de paysage, génie civil, infrastructure verte, infrastructure de transport, écologie et hydrologie | PHASE DU PROJET: En cours de construction, plusieurs secteurs sont achevés et ouverts au public | TYPE DE MESURE: Protection écosystémique contre les inondations, restauration des milieux humides, réhabilitation des friches industrielles | TYPE DE MILIEU: Friche post-industrielle, secteur riverain du centre-ville
Présentation du projet
Situé dans le sud-est du centre-ville de Toronto, le projet de protection du secteur Port Lands contre les inondations (PLFP) est une initiative d’adaptation climatique et de revitalisation urbaine à grande échelle qui a pour objet de protéger plus de 290 ha contre les inondations et de réhabiliter l'embouchure de la rivière Don dans le lac Ontario. L’aménagement d’infrastructures vertes et d’écosystèmes humides permettra de protéger contre les inondations et de réhabiliter l’ancien site industriel et d’en faire une collectivité riveraine résiliente, biodiversifiée à usage mixte. Financé par les gouvernements fédéral, provincial et municipal, et piloté par Waterfront Toronto et le cabinet Michael Van Valkenburgh Associates Inc., le projet PLFP est la pierre angulaire du plan de revitalisation du secteur riverain de Toronto visant à renforcer la résilience climatique, à restaurer les habitats essentiels et à soutenir le développement d’une collectivité durable.
Emplacement: Toronto, Ontario
Intervenants: Waterfront Toronto, Michael Van Valkenburgh Associates Inc. (architectes paysagistes), municipalité de Toronto, Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA), PortsToronto, CreateTO
Organismes/ programmes de financement: Gouvernements fédéral, provincial et municipal
Enjeux: Inondations riveraines, contamination du site, dégradation des habitats, perte de la biodiversité
Mesures: Naturaliser l’embouchure de la rivière Don dans le lac Ontario à l’aide d’infrastructures vertes et d’écosystèmes humides, afin de protéger l’ancien site industriel contre les inondations et transformer le secteur en collectivité riveraine résiliente, biodiversifiée et polyvalente
Résultats: Régénération écologique, protection écosystémique contre les inondations, création d’habitats, rétablissement de la biodiversité, aménagement communautaire et ludique, meilleure accessibilité aux espaces verts
Responsable de l’étude de cas: Michael Van Valkenburgh Associates Inc., en collaboration avec Waterfront Toronto
Contexte du projet
La rivière Don se déverse dans le lac Ontario depuis des temps immémoriaux en traversant l’un des plus grands marais d’eau douce de la région des Grands Lacs. Ce milieu humide, qui abrite une grande variété d’espèces animales et végétales, a longtemps servi de lieu de rassemblement aux peuples autochtones. Toutefois, dès le XIXe, l’industrialisation l’a profondément abîmé en modifiant le cours de la rivière, détruisant ainsi sa résilience naturelle.
Dès 1880, de grandes zones du milieu humide ont été progressivement drainées et remblayées pour créer une zone portuaire et soutenir les activités industrielles et maritimes. Ces travaux ont considérablement dégradé l’écologie du milieu et perturbé l’hydrologie de la rivière. La pression industrielle a fini par réduire l’embouchure de la rivière Don à un étroit chenal de 18 m de large, fortement pollué. En 1954, l’ouragan Hazel a révélé la vulnérabilité de Toronto aux inondations et aux autres impacts du changement climatique, faisant ainsi de la gestion des eaux pluviales une priorité urbanistique pour la municipalité. En 1989, les pressions publiques et une prise de conscience environnementale ont conduit à des discussions sur la renaturalisation de la rivière Don en vue d’assainir la zone portuaire.
Comprendre et évaluer les impacts
Aujourd’hui, 290 ha au sud-est du centre-ville de Toronto, dont la zone portuaire, sont exposés à un risque important de débordement de la rivière Don lors de pluies intenses ou prolongées. Ces risques sont aggravés par l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique. Le projet PLFP a été lancé afin d’atténuer ces risques. Une fois achevé, il permettra de protéger 174 ha de terre sujette aux inondations et de transformer plus de 30 ha de friches industrielles en une vallée riveraine naturalisée, dont 13 ha de milieux humides côtiers et 4 ha d’habitat terrestre.
Réconciliation et interrelation sont les thèmes centraux du projet : l’interrelation entre la terre, la rivière et le lac, et entre l’homme et la nature. Ainsi, le projet PLFP est un formidable acte de réconciliation avec les peuples autochtones concernés, et avec la terre et l’eau qui ont été profondément transformées par l’industrialisation. Cette relation renouvelée est particulièrement remarquable pour les citadins qui ont un accès limité aux espaces verts. Ce nouvel aménagement leur offre la possibilité de se rapprocher de la nature, d’améliorer leur santé et de renforcer leur socialisation dans un cadre naturel qui revêt une grande importance culturelle et historique.
Ce projet vise à restaurer la résilience naturelle du paysage, mise à mal par l’urbanisation, grâce au génie biologique et à des systèmes fondés sur la nature pour restaurer la vallée riveraine et recréer un habitat naturel. Ainsi, le projet permettra non seulement de protéger les lieux contre les inondations, mais aussi d’atténuer les effets du réchauffement climatique sur l’atmosphère urbaine en créant des microclimats naturels plus frais.
Données climatiques et prise de décision
Les projections climatiques et les données disponibles sur le niveau des lacs et l’intensité des tempêtes ont éclairé les décisions conceptuelles. Consciente de l’augmentation des pluies centennales, l’équipe de conception a réévalué à la hausse les seuils d’élévation et intégré des marges de sécurité plus élevées. Les limites et les normes du projet ont été définies par les repères et les lignes directrices de l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région (TRCA).
La réalisation du projet PLFP sur une période de huit ans exigeait une certaine souplesse pour s’adapter aux données climatiques en constante évolution. Par exemple, pendant la phase de conception, le niveau centennal du lac a été révisé à deux reprises, notamment après les inondations de 2019. L’incertitude quant à l’impact des changements climatiques sur le niveau des Grands Lacs a incité les concepteurs à adopter une approche adaptative. Les nouvelles données climatiques ont obligé les concepteurs à revoir les systèmes et infrastructures de gestion des eaux pluviales afin de s’adapter, dans la mesure du possible, aux projections mises à jour.
Pour assurer une protection à long terme contre les inondations, on a élevé le niveau moyen des terrains portuaires d’environ 2 m dans le cadre d’une stratégie d’amélioration des sols. De plus, pour tenir compte des prévisions, l’aménagement a été conçu pour s’adapter aux conditions variables. On a, par exemple, utilisé de la poussière de roche au lieu de l’asphalte sur les sentiers pour assurer la durabilité et la fonctionnalité à long terme en cas de variation du niveau de l’eau.
L’intégration de solutions fondées sur la nature était au cœur de la stratégie, qui s’appuyait sur des données et des projections climatiques. Une stratégie de végétalisation adaptative a été retenue pour s’adapter aux migrations éventuelles de nouvelles espèces en raison du réchauffement climatique. Pour rétablir la biodiversité et les communautés écologiques indigènes, des reliefs et des canaux ont été créés dans les milieux humides. Une lisière riveraine a également été aménagée pour atténuer la température de l’eau, rafraîchir le milieu, traiter le ruissellement urbain et rétablir l’habitat faunique.
Mesures
Pour revitaliser le secteur riverain de Toronto, on a déterminé plusieurs mesures essentielles pour atténuer les risques d’inondation et restaurer l’écosystème. Les trois ordres de gouvernement ont reconnu le secteur portuaire, qui est situé dans une plaine inondable, comme une priorité. Ils ont déterminé que la revitalisation du secteur n’était possible que dans le cadre d’une stratégie globale de protection contre les inondations. En 2007, Waterfront Toronto (représentant les trois ordres de gouvernement) a lancé un concours international de design qui a été remporté par Michael Van Valkenburgh Associates inc. (MVVA) pour sa vision créative d’une nouvelle vallée riveraine naturalisée pouvant traiter de grands volumes d’eaux pluviales tout en conservant le canal historique Keating.
L’époque industrielle a laissé des sols instables, pauvres et contaminés, ce qui a représenté un véritable défi sur le plan conceptuel et technique. Le projet a été conçu pour traiter les crues et soutenir la restauration écologique à long terme, notamment en ce qui concerne les eaux pluviales ainsi que les débris et sédiments. L’aménagement tient compte des influences naturelles et anthropiques en privilégiant l’infrastructure verte et les solutions fondées sur la nature, essentiellement des milieux humides artificiels, des reliefs végétalisés et des canaux naturalisés, qui continueront de se renforcer et de se stabiliser au fil du temps.
Pour améliorer l’adaptation climatique et assurer la durabilité à long terme, on a utilisé des techniques de bio-ingénierie pour stabiliser les berges, notamment des mottes racinaires, des murs caissons et des remblais en talus. Ces matériaux et ces systèmes naturels ont été retenus pour leur capacité adaptative et régénérative, car ils sont moins vulnérables aux aléas climatiques par rapport aux solutions techniques lourdes.
En plus de la naturalisation, il s’agissait d’aménager de nouveaux espaces publics, des routes, des services publics et des structures pour relier le secteur riverain aux quartiers environnants. Pour améliorer l’accès aux quartiers et parcs environnants, l’aménagement devait tenir compte des objectifs écologiques et des besoins ludiques croissants, notamment en reliant les pistes cyclables et les sentiers piétons existants, et en créant de nouvelles promenades et infrastructures publiques.
Résumé des intentions conceptuelles:
- Remblayage autour du quai Essroc: intégrer des caractéristiques écologiques qui améliorent les habitats et les interactions (p. ex., création de criques riveraines pour fournir un habitat aux poissons) (achevé en 2020).
- Naturalisation de la vallée riveraine: créer des prairies et des milieux humides côtiers pour contrer les inondations lors d’événements météorologiques majeurs (achevé en 2024).
- Don Greenway: créer un exutoire secondaire pour les milieux humides et les marais en vue d’accroître les habitats et contenir les crues (achevé en 2024).
- Gestion des sédiments et des débris: élargir et draguer la rivière pour canaliser les crues, gérer les sédiments, contenir le débit d’eau, réduire les risques d’inondation et traiter les eaux pluviales.
- Lieux récréatifs et de rassemblement centré sur la nature: aménager des zones récréatives et un réseau de sentiers dans la vallée riveraine pour renforcer le sentiment d’appartenance et améliorer l’accès au secteur riverain et aux espaces verts.
- Mettre en place une infrastructure anti-inondation résiliente fondée sur des solutions écologiques en vue d’accueillir un nouveau quartier.
Mise en œuvre
Le PLFP comprend 23 sous-projets interreliés, chacun contribuant à l’aménagement d’ensemble du secteur riverain de Toronto. Le succès du projet peut être attribué en grande partie à l’approche conceptuelle intégrée qui a concilié l’adaptation climatique, la restauration écologique et la qualité de vie urbaine tout au long de la planification et de la construction.
Dans le cadre du mandat, Waterfront Toronto a dirigé la réalisation du projet. Le projet PLFP souligne l'importance de la collaboration multidisciplinaire et de l'intégration des systèmes humains, écologiques et culturels. La réalisation de 23 sous-projets interreliés a nécessité une fine coordination afin que chaque composante prenne en compte les objectifs généraux du projet en matière de résilience, de restauration et d’aménagement communautaire durable.
L'ouverture du parc Biidaasige sur l’île d’Ookwemin Minising en juillet 2025 constitue une étape importante dans la mise en œuvre du projet. Le parc Biidaasige, le plus grand parc de Toronto à ouvrir depuis une décennie, est un exemple en matière de prévention des inondations et d’amélioration du domaine public. Le parc est la première démonstration des avantages que le PLFP offrira grâce aux infrastructures vertes qui renforceront la résilience climatique tout en offrant de nouvelles possibilités de loisirs, d'éducation écologique et de reconnaissance culturelle autochtone.
Les idées entourant l’interrelation et l’interaction spatiale à l’échelle du système ont été au cœur du projet et se sont traduites par des systèmes vivants qui ont entraîné une grande complexité interactionnelle dans l'ensemble du projet (p. ex., entre le sol, l'eau et la végétation). La portée et l’ampleur des travaux avec les matériaux vivants – 2 millions de plantes, 77 000 arbustes et 5 000 arbres – ont nécessité une planification et une logistique méthodiques. Ces efforts ont rehaussé les exigences du projet en matière d’excellence conceptuelle, et ils ont démontré comment un aménagement urbain à grande échelle peut s’harmoniser avec les systèmes naturels pour assurer une résilience climatique et rétablir la biodiversité.
Résultats et suivi
Réhabiliter l'embouchure de la rivière Don était un projet d'envergure internationale. Son ampleur, son ambition et son approche holistique constituent un précédent en matière d'aménagement urbain résilient au changement climatique, de restauration écologique et d'espaces publics.
Le PLFP a adopté une approche de gestion adaptative, comme en témoigne le Plan d’exploitation et d’entretien préparé pour encadrer la surveillance et l’entretien ciblé à long terme. Ce plan veille à ce que les pratiques de gestion s’adaptent à l’évolution des conditions environnementales. La surveillance continue (p. ex., surveillance écologique des poissons, de la végétation, de la faune et de la biodiversité), l’évaluation et l’entretien seront gérés conjointement par la municipalité de Toronto et TRCA. L’un des principaux objectifs au cours de la conception a été d’établir une résilience nécessitant peu d’entretien en insistant sur la qualité des sols, la robustesse des végétaux et l’autosuffisance des systèmes écologiques.
En plus de l’assainissement des sols et de la réhabilitation écologique, la réduction des risques d'inondation protégera le tissu urbain et les infrastructures publiques contre les événements météorologiques extrêmes. Cet investissement de 1,4 G$ devrait inciter le secteur privé à investir des milliards de dollars, ce qui réduira d’amblé les risques financiers liés aux impacts climatiques pour les gouvernements. Selon la Stratégie nationale d'atténuation des catastrophes du Canada, chaque dollar investi dans la protection contre les inondations permet d’éviter 5$ de dommages potentiels, ce qui souligne l’importance de la résilience climatique et le rendement du capital investi.
Dans le cadre de la gestion adaptative, les données climatiques et les objectifs de rendement sont régulièrement réévalués. L’une des principales leçons qui se dégagent du projet est l'importance de l'adaptabilité pour assurer la réussite à long terme des grands projets à phases multiples. L’adaptabilité soutient les principes fondamentaux du projet en matière de réconciliation et d’interrelation, et influence directement les décisions de conception, l'intégration et les systèmes écologiques établis.
Points saillants
Le projet PLFP illustre l'étendue du champ d'action de l'architecture paysagère, qui englobe l’infrastructure technique, la restauration écologique et l'aménagement urbain. Les architectes paysagistes ont non seulement dirigé l'équipe de consultants, mais également agi en qualité de concepteurs-intégrateurs. À ce titre, les architectes paysagistes principaux (Michael Van Valkenburgh Associates) ont agi comme coordonnateurs de l’équipe multidisciplinaire et veillé à la cohérence et la cohésion de l’aménagement des 23 sous-projets.
Le projet PLFP illustre la capacité des architectes paysagistes d’assumer la direction générale de grands projets en coordonnant les équipes multidisciplinaires selon une compréhension holistique visant à intégrer le cadre naturel aux infrastructures. En dirigeant le déroulement complexe des travaux, les architectes paysagistes du projet ont veillé à ce que le site forme un ensemble cohérent plutôt qu'un ensemble fragmentaire.
Prochaines étapes
Le PLFP établit un précédent mondial en matière de protection contre les inondations, de résilience climatique et de restauration de la biodiversité sur des sites post-industriels, au bénéfice d’un mode de vie urbain durable. Ce projet est une source de fierté pour Toronto et le Canada. C’est un exemple de ce qui peut être réalisé lorsqu’on les principes de réconciliation et d’interrelation animent la conception, la gestion écologique et la reconnaissance culturelle.
La construction a débuté en décembre 2017, et la plupart des secteurs ont été ouverts à l'été 2025. Les derniers secteurs devraient être achevés d'ici l'été 2026. L’expansion de la rivière a créé une nouvelle île, baptisée Ookwemin Minising (« lieu des cerisiers noirs » en anishinaabemowin/ojibwemowin). Après l’achèvement du projet, on mettra l’accent sur la première collectivité durable et carboneutre à usage mixte au Canada, qui sera situé sur l’île d’Ookwemin Minising. En janvier 2025, les trois ordres de gouvernement ont engagé 975 millions de dollars supplémentaires (325 millions de dollars chacun) pour accélérer la construction de nouveaux logements et l’aménagement du domaine public d’Ookwemin Minising.
Waterfront Toronto continuera de jouer un rôle central en soutenant les principes d'urbanisme durable qui encadre l’aménagement du secteur. Ookwemin Minising mettra en œuvre des technologies novatrices pour atteindre la carboneutralité et d’autres objectifs d’aménagement durable, en intégrant des parcs et des habitats naturels aux infrastructures en place. Une fois achevée, l'île offrira des logements à quelque 15 000 personnes, y compris des logements abordables, ainsi que 6 ha de parcs.
La prochaine phase de réhabilitation concerne la partie Est du secteur riverain. Il s’agit du projet d’aménagement Quayside, de 100 000 logements supplémentaires, qui créera plus de 100 000 emplois spécialisés. De concert avec Ookwemin Minising, ces projets d’aménagement injecteront 13,2 milliards de dollars dans l’économie canadienne.
Ressources
- Waterfront Toronto - Don Mouth Naturalization and Port Lands Flood Protection Project
- THE PORT LANDS - What is the Port Lands Flood Protection Project?
- THE PORT LANDS - What are we building?
- WSP - Port Lands Flood Protection Project
- Michael Van Valkenburgh Associates Inc. - Port Lands Flood Protection Project
- TRCA - Don Mouth Naturalization and Port Lands Flood Protection Project
- EllisDon - Port Lands Flood Protection & Enabling Infrastructure
- City of Toronto (July, 2025) - Largest Park in a Generation Opens on City of Toronto’s New Island through Transformative Port Lands Flood Protection Project News Release
- Waterfront Toronto - A New Waterfront City is Coming into View Video

Cette étude de cas a été préparée et rédigée par Sabrina Careri (Design Communications) au nom de l'AAPC.
Elle fait partie de la série d'études de cas ADAPTerre, une ressource éducative et un outil de sensibilisation développés par l'AAPC avec le soutien du Programme d'adaptation aux changements climatiques de Ressources naturelles Canada.