ENJEU CLIMATIQUE : Modification de l’hydrologie et perturbation des bassins versants; dégradation écologique; augmentation du ruissellement des eaux pluviales | SECTEUR : Architecture de paysage; infrastructure communautaire/à but non lucratif | PHASE DU PROJET : Achevé | TYPE DE MESURE : Restauration écologique; réutilisation adaptative | TYPE DE MILIEU : Centre de retraite/de bien-être
Présentation du projet
Situé à Victoria, en Colombie-Britannique, le camp de base Power To Be sert de centre opérationnel et de gestion de programmes pour l’organisme à but non lucratif dont le mandat est d’éliminer les obstacles à la participation à des expériences en pleine nature. Conçu par MDI Landscape Architects, l’aménagement paysager entourant les bâtiments de services transforme un ancien terrain de golf sur les rives du lac Prospect en un centre communautaire régénérateur qui favorise l’innovation sociale grâce à des programmes de plein air inclusifs axés sur le bien-être, l’apprentissage et le rapprochement des gens avec la nature.
Emplacement : Victoria, Colombie-Britannique
Intervenants : Christine Lintott Architects Inc. (architectes); MDI Landscape Architects Inc. (architectes paysagistes); RJC Engineers (ingénieurs en structure); Introba (ingénieurs en mécanique); AES Engineering (ingénieurs en électricité); McElhanney (ingénieurs civils); Ryzuk Geotechnical (ingénieurs géotechniciens); Campbell Construction Ltd. (entrepreneurs); John Marston (sculpteur de totems, Salish de la Côte); Stephen Bruce (sculpteur de totems, Kwakwaka’wakw); Moy Sutherland (sculpteur de totems, Nuu-chah-nulth).
Organismes/ programmes de financement : Demandes de subventions et collectes de fonds, avec des contributions de : Temerty Foundation; Hepburn Family Foundation; la famille Steele; BMO; Children’s Health Foundation; CIBC; Telus; McLean Foundation; Nickle Family Foundation; Norgaard Foundation; Campbell Construction; Christine Lintott Architects; MDI Landscape Architects; Kimberly Williams Interiors; et Ted and Loretta Rogers Annual Foundation.
Enjeux : Obstacles à l’accessibilité des espaces verts; perte de biodiversité; inégalités sociales et inclusion; dégradation des sols attribuable à des aménagements antérieurs; réconciliation et reconnaissance culturelles.
Mesures : Transformer un terrain de golf désaffecté en un paysage régénérateur et accessible afin de restaurer les systèmes naturels, de réduire l’impact environnemental et de créer des occasions inclusives de tisser des liens avec la communauté, d’apprendre et de se divertir en plein air, dans le nouveau centre opérationnel de Power To Be.
Résultats : Restauration de la fonction écologique et des systèmes hydrologiques naturels; augmentation de la biodiversité et de la qualité des habitats; amélioration des possibilités de loisirs de plein air, d’apprentissage et de bien-être; renforcement de la présence culturelle autochtone.
Responsable de l’étude de cas : MDI Landscape Architects.
Contexte du projet
Le camp de base Power To Be est situé sur les terres non cédées des Premières Nations W̱SÁNEĆ et du peuple lək̓’ əŋən (Lekwungen). Pendant 40 ans, le site a accueilli le terrain de golf du lac Prospect, un terrain privé de 87 acres, avant de cesser ses activités en 2015 suite au départ à la retraite de ses propriétaires. À l’époque, 35 acres avaient été aménagés à des fins récréatives, 45 acres étaient des terrains forestiers et les huit acres restants étaient des terres protégées.
Les infrastructures laissées par l’ancien terrain de golf ont permis de moderniser les zones déjà développées, tout en évitant de perturber davantage le paysage environnant, écologiquement sensible. Cela a donné à Power To Be l’occasion d’établir un camp de base opérationnel permanent où l’on propose des programmes axés sur la nature et promeut à la fois la mission sociale de l’organisation, et la protection et la restauration écologiques du site.
Comprendre et évaluer les impacts
Le site du camp de base Power To Be est situé sur les rives du lac Prospect et abrite une grande variété d’écosystèmes, notamment des zones humides, une forêt côtière de sapins de Douglas en altitude et des prairies historiques de chênes de Garry. Ces écosystèmes ont constitué le fondement des efforts de restauration, qui visaient également à améliorer les services écosystémiques. Avant la phase de planification et de conception, MDI a entrepris une série d’évaluations hydrologiques, environnementales et d’utilisation des sols afin de déterminer les impacts de l’ancienne utilisation du site comme terrain de golf. Des études sur le bassin versant et d’autres aspects de la gestion de l’eau sur le site ont été réalisées afin de comparer les conditions hydrologiques existantes aux tendances historiques, et ont servi de base aux stratégies de nivellement et aux travaux de terrassement.
Bien que le site ait subi des perturbations écologiques attribuables à son aménagement passé, il comportait également des zones de forêt intacte présentant une importante valeur naturelle. Des explorations saisonnières du site, la cartographie des systèmes écologiques et microclimatiques, ainsi que des évaluations de la flore et de la faune ont guidé les efforts de restauration et l’élaboration de programmes éducatifs axés sur la nature. En plus des études d’impact environnemental, des études sociales et d’accessibilité ont été menées pour déterminer les besoins des utilisateurs et définir les exigences de conception, le projet visant la certification de niveau Or dans le cadre du programme de certification en matière d’accessibilité de la Fondation Rick Hansen (RHFAC). Power To Be s’adresse à des personnes présentant un large éventail de capacités physiques et cognitives, ce qui a nécessité des recherches préliminaires pour évaluer comment les personnes vivent et se déplacent dans l’espace d’une manière qui va au-delà des normes d’accessibilité habituelles basées sur l’ADA (Americans with Disabilities Act). Plutôt que de se concentrer uniquement sur le confort et l’accessibilité universelle, MDI a également exploré la possibilité de soutenir des défis progressifs — permettant à des personnes aux capacités variées de s’engager dans des paysages et des activités de plein air qui pourraient autrement être perçus comme inaccessibles. Ces recherches, menées en collaboration avec Power To Be et en intégrant les contributions de ses participants, ont aidé à définir comment la conception du paysage peut favoriser une participation inclusive à des programmes axés sur la nature, tels que le camping, le canotage, la randonnée pédestre et les jeux en plein air.
Données climatiques et prise de décision
Bien que l’on n’ait pas utilisé de données climatiques détaillées pendant le processus de conception, les considérations climatiques ont guidé plusieurs décisions clés fondées sur des observations plus générales des conditions changeantes, en particulier la chaleur estivale croissante. Par exemple, MDI a délibérément aménagé une canopée continue le long des chemins reliant le stationnement aux bâtiments principaux afin de permettre aux arbres matures de fournir à terme une ombre constante et d’améliorer le confort thermique à mesure que la température s’élève. De même, le choix des espèces végétales a été influencé par les conditions climatiques attendues afin de favoriser un écosystème régénérateur et adaptatif. MDI a pris en compte à la fois les limites écologiques actuelles et les changements anticipés pour définir sa stratégie de plantation, en accordant la priorité aux essences susceptibles de prospérer dans des conditions climatiques changeantes, notamment les essences faisant partie de l’écosystème historique du chêne de Garry à Victoria. Bien que ces essences se trouvent actuellement près de la limite nord de leur aire de répartition, elles devraient s’étendre selon les scénarios climatiques futurs.
Les décisions relatives à la gestion des eaux pluviales ont été prises de la même manière, en fonction des tendances générales prévues en matière de précipitations, et de façon à imiter intentionnellement l’hydrologie naturelle du site. Les hypothèses de planification initiales laissaient croire que les eaux de ruissellement du site s’écoulaient directement vers le lac Prospect. Grâce à l’analyse des données SIG LiDAR, à la cartographie du bassin versant et aux ensembles de données sur les cours d’eau, MDI a mené une analyse des débits du bassin versant qui a permis localiser un sous-bassin versant à l’intérieur des limites du site, montrant ainsi que l’eau s’écoulait en réalité vers un petit cours d’eau alimentant le ruisseau Bleathman, avant d’atteindre le lac Prospect. Grâce à cette information, MDI, en collaboration avec des ingénieurs, a conçu un système intégré de gestion des eaux pluviales visant à maintenir le débit naturel, où les eaux de ruissellement sont d’abord acheminées à travers un vaste « circuit de traitement » constitué de jardins de pluie, puis filtrées et ralenties avant de rejoindre le ruisseau Bleathman. En exploitant la capacité naturelle du bassin versant de gérer les eaux de pluie de cette manière, on contribuera à restaurer le débit historique et à préserver la santé du bassin versant, tout en renforçant la résilience face aux volumes d’eau pluviale fluctuants et anticipés.
Mesures
MDI, en collaboration avec ses partenaires, a adopté une approche de conception visant à établir des relations symbiotiques entre le terrain, son histoire et les infrastructures. Lors de la définition initiale du projet, les principes du biomimétisme ont contribué à orienter les approches de conception durable fondées sur la (re)création de systèmes et de processus naturels. À l’étape de la conception, les équipes préconisaient des matériaux à faible empreinte carbone, les énergies renouvelables, la gestion des déchets et les systèmes de gestion de l’eau pour tous les aspects du projet, tout en minimisant l’impact sur les zones naturelles intactes.
L’accessibilité constituait le fondement principal du processus de conception et a guidé les décisions relatives au projet. Les considérations à cet égard dépassaient le cadre des bâtiments pour inclure un accès réfléchi aux espaces de transition et à travers les zones extérieures. La mobilisation continue des participants de Power To Be, en plus d’une recherche approfondie, a permis de s’assurer que les stratégies d’inclusion reflétaient la diversité des expériences vécues et des besoins en matière d’accessibilité. La rétroaction fournie a directement influencé le choix des matériaux et leur agencement afin de faciliter la circulation des utilisateurs ayant des besoins d’accessibilité variés, de fournir des repères tactiles et auditifs aux visiteurs malvoyants, et de proposer des niveaux de difficulté progressifs. Le parcours entre le stationnement et les entrées des bâtiments a été conçu avec un revêtement lisse et continu en asphalte ou en béton facilitant la circulation, tandis que les surfaces plus éloignées des bâtiments principaux laissent place à de larges sentiers de gravier compacté (choisi pour sa disponibilité locale, sa faible empreinte carbone et ses avantages en matière d’infiltration de l’eau; le recours au gravier a cependant nécessité une attention particulière afin de tenir compte des appareils de mobilité équipés de petites roues). Progressivement, les sentiers se rétrécissent, leur pente s’accentue et leur surface devient de moins en moins ferme, créant une série de boucles qui permettent aux utilisateurs de déterminer jusqu’où ils souhaitent se lancer, tout en donnant aux personnes en fauteuil roulant et en scooter électrique la possibilité d’accéder aux installations clés (p. ex. les plateformes de camping surélevées, les installations de loisirs et les espaces de rassemblement) et, finalement, de vivre la satisfaction d’avoir effectué une véritable randonnée.
Les équipes ont également collaboré avec les Premières Nations pour déterminer les interventions requises. Cette association essentielle a permis de s’assurer que les décisions de planification et de conception reconnaissaient et respectaient l’histoire du site et son importance pour les peuples et la culture autochtones. L’établissement d’espaces à géométrie circulaire dans le paysage revêtait une importance particulière pour favoriser les rassemblements et l’esprit communautaire, tout en faisant référence à des caractéristiques propres à la culture autochtone. Des espèces végétales indigènes, telles que le carex rostré (Carex obnupta), la spirée tomenteuse (Spiraea douglasii) et le saule indigène (Salix spp.) ont été plantées dans les zones plus humides, en s’inspirant des écosystèmes autochtones, et ont été complétées par des espèces telles que le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) dans les jardins de pluie de l’entrée afin d’enrichir l’expérience auditive. Des fonds ont été alloués pour l’installation de trois totems, qui établissent une présence culturelle visible dès l’entrée et renforcent les liens avec le patrimoine et les traditions autochtones. Les totems sont entourés d’espèces végétales revêtant une importance culturelle, notamment le chêne de Garry (Quercus garryana), l’achillée millefeuille (Achillea millefolium) et l’airelle ovale (Vaccinium ovatum).
Résumé des intentions de concept :
- Restaurer et régénérer les systèmes écologiques indigènes afin d’améliorer l’activité écologique du site et de favoriser l’hydrologie naturelle, la restauration de la biodiversité et la résilience environnementale à long terme.
- Intégrer l’accessibilité universelle et l’inclusion sur l’ensemble du site afin de garantir un accès équitable aux expériences en pleine nature.
- Intégrer les caractéristiques architecturales et environnementales afin d’harmoniser les infrastructures et les paysages et de renforcer les liens entre les personnes, le lieu et l’écosystème environnant.
- Honorer la présence et les savoirs autochtones par un engagement constructif, une visibilité culturelle et des éléments architecturaux qui rendent hommage à l’histoire et à l’importance du territoire.
- Créer des espaces souples, éducatifs et communautaires favorisant l’apprentissage en plein air, les loisirs, la gestion responsable de l’environnement et le bien-être en général.
Mise en œuvre
Le projet « Power to Be Basecamp » vise à obtenir la certification Living Building Challenge ; la préparation des documents finaux nécessaires à cette certification est actuellement en cours. Bien que la catégorie « Matériaux » n’ait pas été officiellement visée, les choix effectués à la conception répondaient à bon nombre des exigences. Le processus de mise en œuvre et de construction du projet accordait la priorité à la réduction des déchets, au soutien à la restauration écologique et à la minimisation de la perturbation globale du terrain.
Les conditions du sous-sol, caractérisées par une faible capacité portante, ont nécessité des travaux d’excavation et de remplacement de sol imprévus et importants pendant l’étape de la construction. Conformément aux principes du Living Building Challenge, les sols excavés ont été conservés sur le site. En conséquence, les déchets ont été temporairement stockés au début de la construction, puis remodelés en talus et en monticules qui introduisent une nouvelle topographie et des qualités expérientielles, évitant ainsi les coûts environnementaux et financiers inutiles liés à leur enlèvement. Les matériaux excédentaires ont également permis de mettre à jour un ancien système de drainage canalisé, restaurant ainsi des sections du chenal pour lui redonner un aspect plus naturel.
Le choix des matériaux priorisait la performance environnementale et l’approvisionnement régional, les nouveaux matériaux étant sélectionnés en fonction de leur capacité à être produits localement, à séquestrer le carbone et à atténuer le bruit. Le PVC (polychlorure de vinyle) et les autres matériaux figurant sur la « liste rouge » du Living Building Challenge n’ont été utilisés qu’en cas de dernière nécessité, principalement pour les composants d’irrigation lorsqu’aucune option de rechange appropriée n’était disponible. Du bois non traité a été utilisé pour les structures du site, et les sols, les rochers, les rondins et les matériaux végétaux proviennent de sources locales, dans la mesure du possible — on a privilégié des matériaux locaux, simples et naturels qui renforcent les liens avec le territoire. Enfin, la nouvelle construction a été limitée à environ 1,8 acre, soit environ 8 % de la superficie précédemment aménagée dans le cadre de l’ancien terrain de golf. Les 92 % restants du paysage perturbé ont été laissés à l’état naturel, afin de permettre aux écosystèmes forestiers, riverains et d’eau douce de se régénérer et de se réensauvager au fil du temps.
Résultats et suivi
En 2024, la Landscape Architecture Foundation a mené une série d’études de performance sur le camp de base Power To Be afin d’évaluer les résultats économiques, sociaux et environnementaux du projet. Les études ont révélé que l’activité écologique du paysage s’était considérablement améliorée : on a notamment documenté une intensification mesurable des services écosystémiques ainsi que le retour de la faune, comprenant à la fois des espèces menacées et des espèces qui n’avaient jamais été recensées sur le site auparavant. Outre l’amélioration des performances écologiques et les retombées sociales, le système hydrologique et de gestion de l’eau amélioré – qui contribue également à l’efficacité économique globale – a été documenté. Selon le rapport produit à l’issue de ces études, l’amélioration et la restauration du site empêchent environ 787 000 gallons d’eaux usées de pénétrer dans le réseau d’égouts de la ville chaque année, ce qui représente une économie estimée entre 2 361 $ et 7 870 $ par année.
Power To Be continue de s’adapter aux changements environnementaux en menant diverses activités éducatives axées sur l’environnement, offrant ainsi aux participants l’occasion de prendre part aux efforts de restauration et d’en apprendre davantage sur le rétablissement des espèces et de la biodiversité. Cette approche de gestion continue contribue à renforcer la résilience climatique globale du site. L’arrêt de l’irrigation des anciens terrains de golf a entraîné un stress accru du côté des arbres matures — notamment les cèdres (Thuja plicata) — et il a fallu accroître l’offre de zones ombragées, une exigence que les équipes n’avaient pas prévue à l’origine. Plutôt que d’abattre ces arbres aux racines peu profondes, ils ont été conservés afin de fournir un habitat à la faune, de servir d’abris et de stocker le carbone. Des groupes d’arbres indigènes à croissance rapide, mieux adaptés aux conditions futures, ont été plantés pour compenser les arbres perdus. L’approche de gestion responsable du projet en matière d’entretien paysager a également donné lieu au retour de plantes indigènes qui se sont propagées naturellement, de nombreuses petites espèces indigènes inattendues s’étant désormais implantées avec succès sur l’ensemble du site.
L’atteinte d’un équilibre entre les objectifs environnementaux et les exigences d’accessibilité constitue un enseignement clé du projet. En effet, les matériaux choisis étaient différents de ceux qui auraient favorisé les objectifs de durabilité, mais ils garantissaient un accès plus inclusif. Cette conciliation entre les deux objectifs principaux — soit l’amélioration de l’activité écologique et de l’accessibilité — soulignait la nécessité d’intégrer des stratégies d’accessibilité et d’inclusion dès le début du processus de conception afin de privilégier une conception proactive et universelle, et a nécessité une coordination continue entre les équipes de conception et de construction pour maintenir une compréhension commune de l’inclusivité tout au long de la réalisation du projet.
Points saillants
En tant qu’architectes paysagistes du camp de base Power To Be, MDI a dégagé des stratégies visant à intégrer l’infrastructure du projet au paysage, à préserver et à restaurer les valeurs écologiques du site, et à améliorer la gestion des eaux pluviales. La volonté de MDI de renforcer la mission de Power To Be, « Everyone Belongs in Nature » (tout le monde a sa place dans la nature), a permis à l’organisation d’exploiter pleinement le site du lac Prospect tout en restaurant, en mettant en valeur et en créant un lien avec les caractéristiques et les attributs naturels du paysage. À ce titre, MDI a dirigé les analyses du paysage et les études sur la faune et la flore existantes, la topographie, la circulation sur le site et l’hydrologie. Comme il s’agit d’un projet axé sur le paysage et l’expérience, l’intervention précoce des professionnels du paysage a été essentielle pour intégrer pleinement ces considérations paysagères dans l’élaboration du concept, pour ainsi offrir un accès sans obstacle aux activités en pleine nature.
MDI a également fait profiter les architectes du projet (Christine Lintott Architects) et les ingénieurs de son expertise en conception afin d’intégrer les systèmes environnementaux à l’infrastructure du site. Cette coordination précoce a permis d’orienter les décisions concernant les équipements, d’évaluer les conditions du site et de guider les interventions architecturales et la circulation dans le contexte de la planification du paysage. Cette approche présentait le paysage comme un prolongement harmonieux de l’environnement bâti, créant des possibilités de rassemblement, de loisirs et d’intégration entre les espaces intérieurs et extérieurs. Par exemple, les bâtiments du site sont orientés de manière à optimiser le potentiel de l’énergie solaire, tandis que les eaux de pluie provenant des toits et des aires de stationnement sont dirigées vers les 21 jardins de pluie environnants, de tailles variées, et plantés d’espèces indigènes telles que la fougère de Boston (Polystichum munitum), le salal (Gaultheria shallon), le mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium), le sumac vinaigrier (Rhus typhina) et la spirée tomenteuse (Spiraea douglasii). Grâce à ce processus intégré, les bâtiments et le paysage s’adaptent ensemble directement au contexte du site et à l’écosystème indigène.
Prochaines étapes
Les prochaines étapes et la vision à long terme du projet se concentrent sur l’élargissement des programmes axés sur la nature, ainsi que sur la plantation continue et la succession écologique afin de permettre au terrain de passer progressivement d’une pelouse ouverte et soignée à des écosystèmes forestiers et riverains plus matures. Le travail d’architecture de paysage réalisé par MDI a jeté les bases du programme de gestion paysagère de Power To Be, qui guidera les futures initiatives de restauration écologique. Tout au long du projet, la végétation a été disposée de manière intentionnelle afin d’encadrer les secteurs pouvant se prêter à de nouveaux espaces de loisirs en plein air, au fur et à mesure que les programmes de l’organisation évoluent (et dont certains sont déjà en cours). Le réseau de sentiers a également été conçu pour prévoir de nouveaux embranchements possibles.
Afin de guider la gestion du paysage, MDI a collaboré avec l’organisation pour élaborer également des stratégies de gestion de la végétation à long terme visant à réduire les opérations d’entretien à forte intensité carbone et à renforcer la capacité naturelle du site à stocker le carbone dans les sols et la matière végétale. La stratégie de plantation a été conçue pour être mise en œuvre à long terme par Power To Be et ses bénévoles, favorisant la restauration écologique parallèlement à des pratiques d’entretien gérables, tout en créant de nouveaux programmes en plein air pour renforcer l’esprit d’équipe, et pour favoriser le jeu et l’apprentissage en pleine nature. Les stratégies d’entretien recommandées par MDI comprennent des activités telles que le fauchage sélectif, la plantation de groupes d’arbres pionniers et de plantes de sous-bois à croissance rapide, ainsi que le tuteurage des saules. Ces activités complètent les ateliers de gestion et de récolte animés par des aînés autochtones et organisés par Power To Be.
Ressources
- Power To Be
- Landscape Architecture Foundation (2024) - Power To Be Basecamp, Landscape Performance Series Case Study Investigation
- Landscape Architecture Foundation (2024) - Power To Be Basecamp, Landscape Performance Series Case Study Investigation - Methods
- Christine Lintott Architects - Power To Be Basecamp, Project Portfolio
- Nature x Design (2020) - Power To Be Basecamp, Biodiversity Design Case Study
- MDI Landscape Architects - Power to Be Basecamp, Project Example

Cette étude de cas a été préparée et rédigée par Sabrina Careri (Design Communications) au nom de l'AAPC.
Elle fait partie de la série d'études de cas ADAPTerre, une ressource éducative et un outil de sensibilisation développés par l'AAPC avec le soutien du Programme d'adaptation aux changements climatiques de Ressources naturelles Canada.