Faits en bref
Nom
Plan directeur d’aménagement du corridor de la rivière Rouge de l’ARC (ARC : Agreements for Recreation and Conservation)
Type d’aménagement
Paysages ethnographiques et naturels : 18 sites le long des rives riches en ressources patrimoniales
Emplacements
Les sites longent la rivière Rouge sur 60 km, du ruisseau Netley jusqu’au confluent de la rivière La Salle
Désignation
https://www.aapc-csla.ca/prix/la-fourche-2018
Architectes paysagistes
Garry Hilderman, Hilderman Feir Witty & Associates (maintenant, HTFC Planning & Design)
Administrateur
Province du Manitoba
Legs
Régénération riveraine/Plan directeur
Aménagement et urbanisme
Loisirs/Bien-être
Prix
Prix national d'honneur, 1990 : Célébration des 10 000 ans : retour à la fourche des rivières Rouge et Assiniboine
Prix national d'honneur, 1995 : Place commémorative de La Fourche (aujourd'hui connue sous le nom de Cercle de célébration Oodena)
Prix d'excellence du jury 2019 de l'AAPC (Parc provincial Upper Fort Garry)
Introduction
La régénération des rivières de Winnipeg est un récit qui s’est écrit au fil des décennies. Il y a un demi-siècle, la province a retenu les services d’un architecte paysagiste visionnaire, Garry Hilderman, pour étudier le potentiel d’aménagement des rivières Rouge et Assiniboine.
Le jeune Hilderman, originaire de Winnipeg, reconnaissait depuis longtemps le lien spirituel, environnemental et culturel que les citoyens entretenaient avec les rivières. Pendant des siècles, les peuples autochtones ont parcouru la rivière Rouge en canot, jusqu’au confluent de la rivière Assiniboine à « La Fourche », un lieu de rassemblement ancestral.
À l’instar des vagues ultérieures de voyageurs à bord de leurs barges de york et de leurs bateaux à vapeur, les peuples autochtones atteignaient la rivière Rouge par le ruisseau Netley, et poursuivaient leur navigation au-delà de La Fourche jusqu’aux établissements métis en amont, dont Saint Norbert à 60 km au sud.
Dans les années 1880, l’immigration augmenta grâce au chemin de fer du Canadien Pacifique qui transportait les colons de la rivière Rouge à la gare de La Fourche à Winnipeg. Comme on pouvait s’y attendre, au cours du siècle suivant, La Fourche est devenue le centre industriel de Winnipeg – une zone rocailleuse où les voies ferrées coupaient la ville de ses rivières.
La Fourche : Un lieu de rassemblement depuis 6000 ans
« Les plans directeurs sont des documents vivants qui évoluent au fil du temps », a déclaré Ryan Wakshinski, membre de l’Association des architectes paysagistes du Canada. Aujourd’hui, « Winnipeg c’est La Fourche et La Fourche c’est Winnipeg ».
L’éveil d’une rivière : le corridor de la rivière Rouge et l’ARC
Pendant près d’un siècle, les corridors des rivières Rouge et Assiniboine au Manitoba ont été largement ignorés. Certes, ces routes commerciales transcontinentales ont façonné le mode de peuplement dans la région de Winnipeg, mais au milieu du 20e siècle, il n’y avait pas ou peu d’intérêt pour les rivières et leurs valeurs culturelles et leur historique était méconnue. Les Manitobains n’étaient pas les seuls, car, dans les années 1970, le patrimoine naturel était partout négligé et vulnérable au développement effréné.
En réponse à cette situation, le gouvernement fédéral lança le Programme « Accords pour la récréation et la conservation (ARC) » en 1973. L’ARC proposait une approche fédérale-provinciale coordonnée visant à soutenir la conservation et les loisirs de plein air dans les zones riches en ressources patrimoniales.
Le Manitoba saisit l’occasion et mandata Garry Hilderman pour réaliser une étude référentielle sur les rivières. Son étude, en plusieurs volumes (1975), convainquit l’ARC de confier à Hilderman Feir Witty and Associates (aujourd’hui HTFC Planning and Design) la préparation d’un plan directeur pour le corridor de la rivière Rouge.
C’est alors que les pionniers comme Hilderman ont jeté les bases d’une transformation radicale du corridor, qui a culminé à La Fourche. Dès cette époque, les architectes paysagistes, les urbanistes et les architectes savaient que La Fourche deviendrait la carte de visite de la ville, et que son rôle éternel de lieu de rassemblement serait renouvelé. Ainsi, le corridor de 60 km et les multiples sites proposés allaient devenir un modèle très prisé pour la régénération riveraine dans tout le pays.
Encourager la régénérescence des rivières de Winnipeg
Dans les années 1980, moins d’une décennie après le plan directeur de la rivière Rouge, les Winnipegois se sont résolument penchés sur leurs rivières, longtemps négligées. L’effervescence était palpable dans la ville : la « régénération des rivières » était en marche.
Le plan directeur prévoyait des aménagements tout au long des 60 km du corridor riverain. Le potentiel était énorme. Il a mobilisé des architectes paysagistes, des écologistes, des ingénieurs, des historiens, des spécialistes des loisirs, du personnel de Parcs Canada et des experts en conservation du patrimoine. Sur les 18 projets recommandés dans le plan directeur, 16 ont été mis en œuvre.
Bien qu’il fût rare dans les années 1970 de confier à un cabinet d’architectes paysagistes un projet d’une telle ampleur, la portée et la complexité du plan ont stimulé le dynamisme créatif. Le cabinet de Hilderman a agi comme conseiller technique auprès du groupe de gestion de l’ARC. Il a également conçu plusieurs projets primés, notamment à Upper Fort Garry et à La Fourche, deux lieux historiques nationaux du Canada.
Aujourd’hui, le plan directeur oriente toujours les nouveaux travaux, dont l’étude de faisabilité du presbytère de St. Andrews, de multiples projets à La Fourche et le long des berges de La Fourche, la restauration des quais Alexander et un parc riverain national à Point Douglas.
Au fil des décennies, le renouveau urbain s’est poursuivi. Les investisseurs et promoteurs ont été au rendez-vous. Des dizaines d’initiatives ont vu le jour, du remarquable Musée des droits de la personne, qui surplombe La Fourche, au concours très réussi des Cabanes chauffées, qui a incité les équipes de conception internationales à les ajouter aux structures hivernales novatrices sur les rivières de Winnipeg. La fierté retrouvée de Winnipeg pour ses rivières a créé de nouvelles occasions d’affaires pour les cabinets d’architectes paysagistes et de multiples entreprises dans les corridors riverains et bien au-delà.

La Collection des paysages culturels patrimoniaux met en lumière les réalisations qui ont eu un impact durable dans le domaine de l'architecture de paysage et sur les communautés à travers le Canada.

