Faits en bref
Nom
Parc Bowring
Type de paysage
Parc régional
Paysage culturel
Emplacement
305, Waterford Bridge Rd, St. John's (T.-N.-L.)
Coordonnées GPS : 47.5223° N, 52.7547° O
Administrateurs
Ville de St. John’s
Bowring Park Foundation
Legs :
Pierre angulaire de la vie et de l’identité collectives
Fierté historique, conservation de la flore et de la faune, de l’histoire et des traditions de Terre-Neuve
Un précédent pour l’intégration des espaces naturels centrés sur l’être humain dans la province
Introduction
Il y a plus d’un siècle, sir Edgar Bowring et son frère ont marqué le centenaire de leur société marchande prospère en faisant don d’un parc à la vieille ville portuaire de St. John’s. Pour réaliser leur vision philanthropique, les frères Bowring se sont tournés vers l’éminent concepteur de parcs urbains, Frederick G. Todd.
Le site, situé au confluent de deux rivières, se trouvait alors à cinq kilomètres du centre-ville. Todd, dans la tradition d’Olmsted, a tenu compte du caractère rustique et sauvage des paysages terre-neuviens. Sa conception avant-gardiste des sentiers et des promenades épousait la topographie du terrain et des ruisseaux, tout en conservant le caractère densément boisé des terres environnantes. À l’entrée Est du parc, à la jonction des eaux, un barrage a formé un petit lac. L’étang à canard, très apprécié des citoyens, regorge d’oies, de canards et de cygnes royaux.
Pour rehausser l’esprit des lieux, l’architecte paysagiste et ingénieur néerlandais Rudolf Cochius a passé cinq ans sur place pour construire le parc de Todd. Cochius a intégré des paysages naturels centrés sur l’homme en agrémentant les écosystèmes indigènes de plantations de pommetiers et de rhododendrons pour créer un havre botanique. Il a ponctué le parc d’espaces intimes et publics polyvalents qui ont laissé place à des pelouses ouvertes.
Dès sa création, le parc Bowring a été le dépositaire vivant de l’identité et de la mémoire de la collectivité. Il est devenu l’un des parcs les plus appréciés du Canada, précise l’historien Ron Williams, en raison « de son caractère naturel, de sa composition astucieuse, de ses charmants éléments idiosyncrasiques et de l’emplacement réfléchi des multiples sculptures », telles que Peter Pan et Le Caribou. Le cadre magnifique dans lequel Cochius a placé le caribou de bronze ajoute une dimension historique, qui rappelle les cinq œuvres identiques sur des champs de bataille en France et en Belgique.
Le cœur et l’âme du parc
L’unique pont de pierres, l’intimité de la carrière d’ardoise, les étangs ombragés limpides, les cygnes royaux : le parc Frederick Todd que Rudolf Cochius a construit est réputé pour l’esthétisme de ses espaces protégés, la santé écologique de ses paysages et pour son influence sur le bien-être de la collectivité.
La résidence de cinq ans de Cochius dans le parc (jusqu’en 1917) souligne son investissement personnel et son engagement envers le plan de Todd. Cochius a supervisé tous les aspects du développement du parc en tenant compte des paysages terre-neuviens et en intégrant harmonieusement la topographie naturelle des lieux. Les botanistes ont sélectionné des espèces végétales adaptées au rude climat de la province. Les ingénieurs ont façonné les ponts et les sentiers en fonction de la topographie du terrain. Cochius a également collaboré avec des sculpteurs de renom, faisant du parc Bowring un gardien de la mémoire collective.
Aux joies de l’enfance
La sculpture de Peter Pan en bronze du parc Bowring commémore le décès de la petite-fille de Sir Edgar Bowring, âgée de 4 ans, dans un tragique naufrage en 1918. Pourtant, la sculpture magique, ornée de fées et d’animaux qui s’élèvent vers elle, est un monument aux joies de l’enfance. La sculpture fantaisiste, créée par le célèbre sculpteur Sir George Frampton, émerveille les visiteurs du parc. Cependant, selon M. Frampton, c’est l’esprit même du parc Bowring, en adéquation avec le personnage de Peter Pan, qui rend la statue unique.
Le sentier du caribou
La figure commémorative du Caribou (1928), l’une des six sculptures de bronze identiques réalisées par le capitaine et sculpteur britannique Basil Gotto, est digne de mention. Le caribou est depuis longtemps un symbole dans la province, en particulier pour le Royal Newfoundland Regiment. Cochius a placé le caribou du parc Bowring au sommet d’un massif de granit stylisé. Le cadre est identique à celui qu’il a créé dans cinq champs de bataille en Europe, où des légions de Terre-Neuviens ont perdu la vie. Dans son ensemble, le Sentier du caribou est un rappel poignant des côtes accidentées de Terre-Neuve et du sacrifice de son régiment en terre étrangère.
L’historien Ronald Williams relate l’histoire du Sentier du caribou, des sculptures en bronze, héroïques et provocantes, créées par le capitaine et sculpteur britannique Basil Gotto : l’une pour le parc Bowring et les autres situés sur des champs de bataille commémoratifs de la Première Guerre mondiale en France et en Belgique. « La clef de ces sites était le mémorial de Beaumont-Hamel, achevé en 1924 », précise Williams. « Ici, le caribou, également situé au sommet d’un massif rocheux angulaire, est entouré par la topographie du conflit. Les tranchées et les cratères de bombes ont été conservés en guise de rappels des horreurs de la guerre, en contraste avec la campagne environnante qui a retrouvé l’aspect bucolique caractéristique de la France rurale. Les autres parcs commémoratifs, nettement plus petits, suivent un schéma similaire : le caribou est toujours situé au sommet d’un fragment de paysage terre-neuvien transplanté en Europe et orienté face à la tranchée que les Terre-Neuviens devaient attaquer ».
La Collection des paysages culturels patrimoniaux met en lumière les réalisations qui ont eu un impact durable dans le domaine de l'architecture de paysage et sur les communautés à travers le Canada.

