Le projet d’expansion du Centre des congrès de Vancouver est un excellent exemple de collaboration entre designers et ingénieurs, en vue de concevoir un projet exceptionnel d’utilité publique avantageux sur le plan environnemental. Le design soigné des architectes paysagistes, des ingénieurs et des architectes a donné lieu au plus gros toit vert non industriel en Amérique du Nord. Ce toit, qui a contribué à l’obtention du statut LEED, catégorie or, dans le cadre du projet global, a permis d’améliorer l’efficacité énergétique de l’immeuble, contribue au retour d’habitats absents depuis longtemps au centre-ville et permet une irrigation avec de l’eau usée recyclée.
Ce projet particulier vient clore la chaîne d’espaces publics en plein air qui relient le parc Stanley, la zone riveraine de Coal Harbour et le Centre des congrès existant. Les architectes paysagistes ont réalisé un prolongement harmonieux de la digue iconique de Vancouver et marié les formes architecturales disparates de l’ancienne et de la nouvelle structure du Centre des congrès en utilisant des matériaux inertes. Les matériaux de revêtement et les motifs utilisés servent de dispositifs de localisation, alors que les bancs et les rampes assurent l’uniformité visuelle de ce grand projet. Étant donné que l’ensemble de la structure se trouve sur le tablier maritime, les architectes paysagistes ont collaboré avec les ingénieurs du projet pour trouver des solutions novatrices afin d’inclure des tranchées d’arbres et des jardinières au niveau de la rue.
Le centre-ville de Vancouver a subi une transformation fascinante au printemps 2009. En effet, des pousses de gazon et de fleurs sauvages sont apparues 12 étages au-dessus de Coal Harbour et rapidement des insectes, des oiseaux-mouches et des papillons y ont élu domicile. Ce nouvel habitat, absent du centre-ville depuis plus de 150 ans, est un toit vert autosuffisant qui se régénère lui-même; ce toit, ainsi que la place publique de 5 800 m2 et la promenade le long de la digue, démontrent l’apport diversifié de l’équipe d’architectes paysagistes dans le cadre du projet d’expansion du Centre des congrès de Vancouver.
Le vaste toit vert de 2,4 ha est l’un des principaux éléments ayant contribué à l’obtention de la certification LEED, catégorie or, pour l’ensemble du projet. Le toit tempère les gains et les pertes de chaleur dans l’immeuble, améliore la qualité de l’air urbain, nettoie l’eau de pluie, réduit l’écoulement et crée des habitats précieux. Il comprend une toiture-terrasse, une membrane de caoutchouc liquide dotée d’une barrière antiracine et d’une grille de détection des fuites, recouvert d’un revêtement organique. Ce revêtement est formé d’un tissu filtrant, de 15 cm de substrat organique, de rigoles de drainage et d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte. Les plantations florissantes, mises à l’essai initialement dans le cadre d’un programme de plantation triennal, comprennent du carex, des graminées vivaces et des herbages qu’on retrouve dans la région des prairies côtières de la Colombie-Britannique et qui poussent dans des conditions climatiques extrêmes et sur des terres peu profondes.
Les architectes paysagistes ont trouvé des solutions à deux défis majeurs du projet. Premièrement, comme la structure se trouvait entièrement sur le tablier maritime, dont 40 % sur l’eau, l’approche traditionnelle en matière de plantation ne convenait pas. La place publique, conçue pour accueillir jusqu’à 8 000 personnes, n’avait pas la profondeur ou le soutien structurel nécessaire pour y planter des arbres. Ils ont donc aménagé de petits espaces périphériques délimités par des jardinières pour réduire l’échelle de la place publique et créer des zones intimes, confortables et polyvalentes. Les architectes paysagistes ont également collaboré avec les ingénieurs de structures pour modifier la structure des viaducs afin de faciliter la plantation d’arbres. Grâce à ces modifications, les poutres contiennent maintenant suffisamment de substrats organiques pour offrir des tranchées continues pour la plantation d’arbres le long du versant sud du projet.
Le second défi consistait à marier des formes architecturales variées. L’architecture de l’ancien et du nouveau Centre des congrès est totalement différente et il y a une rupture de pente de 12 m du côté ouest. Les architectes paysagistes ont utilisé des motifs de pavé et du mobilier comme dispositifs de localisation et éléments unificateurs. En collaboration avec les architectes, ils ont créé un escalier principal et aménagé des passerelles entièrement accessibles, entre le Harbour Green Park, qui existait déjà, et la place publique, située 12 m plus haut.
Diverses matières durables d’origine locale ont été utilisées, notamment des substrats de croissance, des plantes, des rampes, du pavé en ciment et en basalte, ainsi que du pavé perméable. La place publique est parsemée de rigoles d’eaux pluviales qui rejoignent les frontières des districts au bout de chaque rue, soulignant ainsi une caractéristique de la côte Ouest. Les eaux usées traitées de l’immeuble viennent irriguer les plantations du toit vert et de la place publique.
Le plan de PWL pour la conception du paysage dans le cadre du projet d’expansion du Centre des congrès de Vancouver comprend le plus gros toit vert non industriel en Amérique du Nord, ainsi que la première grande place publique permettant les rassemblements et la tenue d’événements publics à Vancouver. La simplicité du design offre un contraste surprenant avec l’immeuble et les systèmes techniques complexes, et constitue un modèle de design urbain compatible, progressiste et durable.