La reconstruction du Musée d’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique a été l’occasion de repenser le site à travers un prisme autochtone contemporain. Le projet de Cornelia Oberlander, datant de 1977, prévoyait un musée en plein air et s’inspirait des paysages et des criques de Haida Gwaii. Le musée étant situé sur le territoire traditionnel des Musqueam (xʷməθkʷəy̓əm), cette métaphore a été jugée comme une représentation inexacte de la spécificité culturelle du lieu. Tout en reconnaissant la valeur de certains éléments du projet original d’Oberlander, l’équipe a travaillé en étroite collaboration avec l’UBC, le musée et des représentants des Musqueam afin de «corriger le récit» du site, permettant ainsi au paysage d’être une représentation authentique et vivante de la culture musqueam. La conception paysagère s’inspire du concept anthropologique de « jardin forestier », mettant de l’avant la transformation et la culture des forêts par les humains au fil des millénaires, plutôt que de partir du principe d’un paysage intact. Le concept étend cette réflexion aux prairies et aux jardins aquatiques, en utilisant une palette de plantes entièrement indigènes. Les jardins sont repensés comme des espaces dédiés à l’artisanat, à l’alimentation, à la médecine et aux événements cérémoniaux, ouvrant des possibilités de travail culturel tout en honorant la présence continue de la Nation.